Quel parcours en Europe pour l’Allemagne ?

29
septembre
2021

Posté par Malilon

Posté dans Allemagne / Coupes d'Europe / En affiche / Etranger / Europa League / Flash FS / Ligue des Champions

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Briller devant le public local est une chose, mais briller devant l’Europe entière en est une autre. Chaque année, les meilleures institutions du vieux continent s’affrontent dans des duels spectaculaires. Cette année, sept clubs allemands s’apprêtent à tenter leur chance en Champions League, en Europa League, et en Conference League. Pour certains, il s’agit d’une habitude. Pour d’autres, c’est peut-être l’occasion d’une vie. Mais qu’ils soient habitués ou néophytes, tous les joueurs n’ont dans la tête qu’un seul but. Ce but, c’est celui de prouver sa valeur au monde entier et de faire briller son équipe contre les meilleures écuries d’Europe.

Une Europe sous la domination du Bayern ?

Tout écraser

Comme chaque année, les attentes sont énormes du côté du Bayern Munich. Si dominer l’Europe n’est pas forcément possible chaque année, il faut au moins prouver sa légitimité et aller le plus loin possible en Champions League. Le champion incontesté d’Allemagne a dans son groupe trois autres clubs habitués à l’Europe. Le Dynamo Kiev est peut-être l’adversaire le plus abordable mais il n’est jamais facile d’aller défier le champion d’Ukraine en plein hiver. Encore invaincu depuis le début de la saison, il reste néanmoins très largement inférieur au Bayern sur le papier. La situation est assez semblable concernant le SL Benfica. Malgré un début de saison tonitruant de sa part sur l’échelle nationale, il est peu probable qu’il tienne la cadence en Champions League contre l’ogre bavarois. Là aussi, les six points devraient être une formalité.

Une concurrence essoufflée

Même le FC Barcelone, l’un des plus grands clubs au monde, n’est pas en mesure d’inquiéter le club munichois. En effet, en perdant l’un des meilleurs joueurs de l’histoire du foot, l’équipe se retrouve dans une situation de deuil symbolique. Les blessures n’épargnent pas non plus l’effectif dont l’attaque se retrouve décimée. Même les plus fervents supporters du club ne sont pas confiants pour l’affrontement contre le champion d’Allemagne. En ce début de saison, à Munich, tout le monde se tourne vers Julian Nagelsmann, le petit prodige du coaching allemand. Le nouvel entraîneur du Bayern est le sujet principal de tous les articles qui gravitent autour du club. Les attentes sont énormes de la part des supporters, mais également de la part des médias.

Faire taire les critiques

Après un match nul face au Borussia Mönchengladbach à l’occasion de l’ouverture de la saison, les journaux n’ont pas hésité à semer le doute dans la presse quant aux réelles capacités de Nagelsmann. Ce dernier n’a pas tardé à faire taire les critiques en empilant les victoires. La culture de l’instant qui est aujourd’hui énormément présente dans le foot fait que personne ne fait plus de remarques négatives sur le jeune entraîneur. Nagelsmann peut compter sur une ossature solide composée de Manuel Neuer, Joshua Kimmich, Leon Goretzka, Thomas Müller, et Robert Lewandowski. Même le petit Jamal Musiala commence à se révéler au grand jour et continue de surprendre les observateurs.

Un groupe homogène pour Dortmund

Un groupe équilibré

Le Borussia Dortmund est peut-être tombé sur l’un des groupes les plus homogènes de la Champions League. En plus du BVB, le groupe est composé du Sporting CP, de l’Ajax Amsterdam, et du Beşiktaş JK. Ces trois clubs sont tous les tenants du titre dans leurs championnats respectifs. Cela prouve bien l’homogénéité du groupe. Le champion du Portugal et le champion des Pays-Bas prônent un football très offensif et n’ont pas peur de monter assez haut sur le terrain pour presser l’équipe adverse. En revanche, un déséquilibre peut être observé derrière. Cela pourrait donc arranger Dortmund qui aime beaucoup jouer rapidement lors des contre-attaques.

Viser la médaille d’or

Quant à l’équipe championne de Turquie, c’est plutôt sa qualité défensive qui est à souligner. En effet, le club a tendance à réussir à tenir un résultat qui lui est favorable. D’ailleurs, sur le territoire local, aucun but n’a été concédé depuis le début de la saison. Malgré le fait d’être dans un groupe composé de champions nationaux, les supporters de Dortmund n’attendent rien d’autre qu’une première place pour cette phase de poules. En plus de renforcer la confiance des joueurs, cela pourrait leur permettre d’avoir un tirage plus clément pour les huitièmes de finale.

De l’air frais qui fait du bien

Comme toutes les équipes allemandes du haut de tableau, Dortmund a fait le choix de changer son entraîneur et de recruter Marco Rose. Ce dernier, louangé depuis déjà plusieurs années, n’hésite pas à chambouler les habitudes des Schwarzgelben en imposant immédiatement sa patte avec un dispositif tactique presque inédit à Dortmund. La pièce maîtresse reste évidemment l’époustouflant buteur norvégien nommé Erling Haaland, lui qui explose tous les records. Au milieu de terrain, le jeune Jude Bellingham débute extrêmement bien sa saison et pourrait être le joueur tant attendu depuis des années. Quant à Gregor Kobel, le nouveau gardien titulaire du BVB, il se montre particulièrement rassurant grâce à ses réflexes dignes des meilleurs gardiens actuels.

Un Leipzig trop juste pour l’Europe ?

Le groupe de la mort

S’il y a bien une équipe allemande qui va devoir lutter pour s’imposer dans son groupe, c’est bien le RB Leipzig. En effet, les Roten Bullen héritent du traditionnel groupe de la mort en tombant dans le même groupe que Manchester City et le Paris Saint-Germain, deux équipes dont les ambitions sont énormes et qui visent la victoire finale. Le champion d’Angleterre étant le malheureux finaliste de la dernière édition de la Champions League, il est évident que sa motivation se retrouve décuplée pour l’édition de cette année. Quant au club parisien qui est l’autre gros poisson du groupe, il vient tout simplement de réaliser l’un des meilleurs mercatos de l’histoire dans le seul et unique objectif de soulever le plus prestigieux des trophées d’Europe. Les moyens mis en place sont démesurés et la puissance de feu s’en retrouve largement renforcée.

Pas d’illusions pour la suite

Le troisième adversaire de Leipzig est le Club Bruges KV. C’est contre eux que les Roten Bullen vont devoir tout donner. Pour avoir une chance d’atteindre les huitièmes de finale, les hommes de Jesse Marsch sont obligés d’aller chercher six points contre le champion de Belgique. En effet, en ne perdant aucun point face au petit poucet du groupe, il pourrait suffire d’aller gratter un point ou deux contre les deux grosses cylindrées pour arracher une qualification. Logiquement, Leipzig n’a pas à avoir de gros objectifs. Le minimum syndical serait une troisième place synonyme de relégation en Europa League.

Une machine à mettre en route

De plus, le nouvel entraîneur américain a du mal à inculquer à ses joueurs sa philosophie de jeu et le temps ne joue pas en sa faveur. Ce sentiment est renforcé par le début de saison très moyen de Leipzig qui a du mal à remporter ses matchs en Bundesliga malgré un effectif de qualité. Dominik Szoboszlai, milieu de terrain hongrois, a même remporté le prix du meilleur jeune joueur du mois d’août en Allemagne. Mohamed Simakan, jeune défenseur recruté lors du dernier mercato, est également l’un des joueurs les plus performants. Mais la principale attraction de Leipzig, c’est évidemment Christopher Nkunku qui est réellement sur un petit nuage depuis le début de la saison. Le temps dira si les qualités de ce petit joyau suffiront pour transcender ses coéquipiers.

Wolfsbourg et sa faim de loup

Une bonne entame de saison

Après quelques années de disette, le VfL Wolfsbourg retrouve l’Europe et ne compte pas se contenter de faire de la simple figuration. Aujourd’hui leaders de Bundesliga avec quatre victoires en quatre matchs, les Wölfe gagnent en confiance semaine après semaine. Cela réconforte Mark Van Bommel dans sa position de nouvel entraîneur malgré la maladroite élimination en DFB-Pokal. Le parcours du coach néerlandais en championnat est impeccable pour l’instant. Mais désormais, les loups de Wolfsbourg vont devoir apprendre à gérer les deux compétitions simultanément. Le rythme risque de devenir rapidement très exigeant, mais Van Bommel et ses hommes peuvent s’estimer heureux d’avoir un groupe assez abordable en Champions League.

Des adversaires ambitieux

Le premier adversaire à se dresser sur le chemin des Wölfe est le LOSC Lille. Malgré son statut de champion de France, l’équipe démarre mal sa saison et tarde à mettre en place les idées de son nouvel entraîneur. Il y a beaucoup d’interrogations concernant la forme du club lillois. Dans ce duel d’équipes nordistes, l’avantage psychologique est clairement du côté de Wolfsbourg. Ensuite, l’actuel leader de Bundesliga devra affronter le Séville FC qui représente la plus grande menace du groupe. Il s’agit d’une équipe beaucoup plus habituée aux grands rendez-vous européens et qui devrait poser quelques soucis aux loups. Il reste cependant encore quelques matchs à Van Bommel pour perfectionner ses tactiques avant de les rencontrer.

Aucun droit à l’erreur

Enfin, Wolfsbourg fera face au RB Salzbourg. Le champion d’Autriche démarre parfaitement bien sa saison avec sept victoires en sept matchs et écrase tout sur le plan national. En revanche, la Champions League est d’un tout autre niveau. L’affrontement contre l’effectif de Van Bommel sera très tendu et serré et la place qualificative se jouera très certainement à très peu de choses. Avec un groupe aussi homogène où n’importe qui peut se qualifier ou être éliminé, l’objectif réaliste de Wolfsbourg pour cette année serait de terminer dans l’une des deux premières places afin de se qualifier pour les huitièmes de finale. Cela serait déjà une réussite pour le club de Basse-Saxe. Il faudra compter sur des joueurs tels que Wout Weghorst, Maximilian Arnold, ou Maxence Lacroix.

De l’enthousiasme à Leverkusen

Une équipe gourmande

Il existe aujourd’hui cette nette impression que le Bayer Leverkusen est en pleine période de renaissance. L’arrivée de Gerardo Seoane en est l’une des principales causes. L’entraîneur suisse est déjà très exigeant avec ses joueurs. On remarque essentiellement l’important nombre de buts marqués en championnat depuis le début de la saison. Avec une moyenne de trois buts inscrits par match, Leverkusen se retrouve sur le podium des meilleures attaques de Bundesliga.

Les pépites en folie

Le meilleur membre de l’effectif est évidemment Moussa Diaby qui continue de montrer à chaque match tout son talent. Le jeune ailier français se retrouve épaulé chaque semaine de Patrick Schick et du très prometteur Florian Wirtz qui bat tous les records de précocité du côté de Leverkusen. D’autres éléments, comme Charles Aránguiz, Kerem Demirbay, ou Lukáš Hrádecký sont également essentiels dans les plans de Seoane. Le groupe de Leverkusen en Europa League n’est pas le plus compliqué mais il n’est pas le plus simple non plus. Le Real Betis n’est pas parmi les clubs les plus dangereux d’Europe, mais il sait parfaitement tenir le match nul et arracher un point quand cela est nécessaire.

Une rigueur à démontrer

Le Celtic FC, lui, possède une dangereuse force offensive contre laquelle Jonathan Tah et Odilon Kossounou devront parfaitement bien défendre pour éviter de prendre des buts bêtement. Certains voient cette équipe comme étant l’épouvantail du groupe. Il reste enfin le seul champion du groupe qui est le Ferencváros TC. Le champion de Hongrie est pourtant l’adversaire le moins effrayant de la poule. Les six points sont donc presque obligatoires face à ce club pour viser la première place. Il est intéressant de noter que du côté de Leverkusen, un beau parcours en Europa League serait l’occasion parfaite pour rendre hommage à Rudi Völler dont le contrat s’achève l’année prochaine. L’ancien international allemand occupe le poste de directeur sportif, puis celui de dirigeant à Leverkusen depuis 2005.

Des turbulences à Francfort

Du rififi en interne

Depuis quelques années, l’Eintracht Francfort commence à prendre ses repères sur la scène continentale. Désormais habituée à l’Europe, et plus précisément à l’Europa League, l’équipe aborde néanmoins la compétition avec beaucoup de doutes. En interne, la situation n’est pas très stable. Certains joueurs tels que Filip Kostić et Amin Younes souhaitent quitter le club très prochainement. André Silva, le meilleur buteur de la saison dernière, a déjà sauté le pas et n’est plus là pour nettoyer les lucarnes adverses. Tout cela ne fait qu’accentuer le sentiment d’incertitude qui règne autour du club.

Un début de saison inquiétant

En effet, le début de saison des Adler est assez inquiétant et Oliver Glasner n’est pas dans une situation confortable. En plus de l’élimination en DFB-Pokal face à une équipe de troisième division, le coach néerlandais et ses hommes ne font qu’enchaîner les mauvaises prestations en Bundesliga et cherchent encore une première victoire. Ils entament donc l’Europa League avec une certaine appréhension et avec la boule au ventre. Les équipes que doit affronter Francfort cette année en Europe sont l’Olympiakos, le Fenerbahçe SK, et le Royal Antwerp FC.

Encore tout à prouver

Le principal danger du groupe est évidemment l’équipe championne de Grèce. Parmi les quatre clubs du groupe, il s’agit en effet de l’écurie la plus expérimentée en compétition européenne. Face à cette menace, Francfort devra montrer un meilleur visage et trouver plus facilement le chemin des filets. Les deux autres adversaires sont néanmoins eux aussi dans une bonne dynamique et ne sont pas à prendre à la légère. En l’état actuel des choses, c’est même Francfort qui a le moins bon état de forme. Glasner devra donc compter sur des individualités comme Martin Hinteregger, Rafael Borré, Jens Petter Hauge, ou même le retour d’un Kostić en pleine forme.

L’Europe de l’euphorie pour l’Union

Un baptême européen

Enfin, il reste l’Union Berlin qui dispute la toute nouvelle Conference League. Il s’agit du premier club allemand jouant cette nouvelle compétition européenne puisqu’il s’agit de l’édition inauguratrice. Pour se qualifier, les Eisernen ont brillamment battu le KuPS Kuopio lors des barrages. Par manque de chance, il a fallu que l’Union tombe sur le premier groupe de la mort dans l’histoire de la Conference League. Le club berlinois affrontera notamment durant son périple le Slavia Prague. Toujours invaincu cette saison et habitué à jouer les jeudis, le champion de République Tchèque est le favori pour sortir vainqueur du groupe. On aura rapidement un aperçu des rapports de force puisqu’il s’agit du premier adversaire de l’Union pendant cette épopée européenne.

Un groupe relevé

Le Feyenoord Rotterdam, également habitué de l’Europe, risque lui aussi de poser quelques soucis à l’Union à cause de son attaque particulièrement bien organisée et prolifique. Même le Maccabi Haïfa, champion d’Israël, n’est pas à sous-estimer. On note donc l’homogénéité de la poule. N’importe quelle équipe peut être leader ou finir à la dernière place du groupe. Il est important de noter que seul le premier club au classement de chaque groupe se qualifiera automatiquement pour la phase à élimination directe. Le moindre point peut être vital pour l’Union. Même si la mission s’annonce difficile pour Urs Fischer et ses hommes, il ne leur est pas interdit de rêver, eux qui n’étaient encore qu’en deuxième division allemande il y a deux ans.

Les principaux atouts

L’entraîneur suisse est d’ailleurs le principal artisan de la montée en puissance de l’équipe. Parmi les joueurs les plus susceptibles de guider le club berlinois vers les phases les plus avancées, on retrouve évidemment Taiwo Awoniyi, Max Kruse, ou Christopher Trimmel qui sont aujourd’hui de bons leaders au sein du vestiaire. Se qualifier pour une quelconque compétition européenne étant déjà un accomplissement pour un club aussi modeste que celui de l’Union, le but est maintenant de se faire plaisir et de faire plaisir aux supporters. Profiter pleinement de cette première expérience en Europe est le principal objectif, la qualification n’étant qu’un énorme bonus.

Ismaïl H.