Petite histoire d’un Euro

22
juin
2016

Posté par Anthony G.

Posté dans En affiche / Euro 2016 / Flash FS / International

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Alors que nous sommes en pleine Euro 2016 qui en a bientôt fini avec sa phase de poule, il semble intéressant de faire un petit récapitulatif des précédents championnats d’Europe qu’il y a eu. Car si les Euros sont aujourd’hui l’un des rendez-vous immanquables du monde football, ils ont aussi une histoire très intéressante et pleine d’anecdotes surprenantes. Retour sur quelques dates clés de cette compétition.

1960 : Le premier Championnat d’Europe

Si les coupes du monde de football ont commencé en 1930 (avec une grosse pause pendant la seconde guerre mondiale), le championnat d’Europe est lui arrivé bien plus tard. Le premier fut fait en 1960, et dans une version particulièrement désordonnée. En effet, certaines nations ancestrales du football n’ont même pas pu participer à cette édition comme l’Italie, l’Angleterre et l’Allemagne de l’Ouest. L’Espagne a fait partie des phases de qualification, mais a abandonné en huitième de finale car, alors dans la dictature franquiste, ils ne voulaient pas aller dans un pays communiste (l’URSS en l’occurrence).
L’organisation était aussi assez rudimentaire. Cela consistait en une phase de qualification de plusieurs tours avec des matchs aller-retour. Puis à partir de la demi-finale, les matchs furent simples et hébergés par la France (qui est donc le premier pays-hôte de l’histoire des championnats d’Europe).
Ce tournoi se solda par la victoire de l’URSS qui ainsi gagna son unique titre majeur de son histoire.

1968 : La malédiction des matchs nuls

 

euro1968
La 3ème édition de l’Euro fut accueillie par l’Italie et c’est surement l’édition qui a eu l’organisation la plus étrange de toutes les autres. Pas car l’UEFA a décidé de changer les matchs aller-retour en phase qualitative (pratique toujours en cours aujourd’hui) mais pour les demi-finales et la finale en Italie.
En effet, la demi-finale entre l’Italie et l’URSS s’est fini par un match nul (0-0) après les prolongations. Les tirs au but n’ayant pas encore été inventé, on ne sut alors pas comment départager les deux équipes, et l’on décida alors, chose impensable aujourd’hui, de décider du vainqueur par un pile-ou-face. C’est le capitaine italien qui devina le bon côté de la pièce et qui emmena son équipe en finale contre la Yougoslavie.
Mais ce n’est pas tout, car la finale a aussi fini sur un match nul (1-1) à la fin des prolongations. Ne pouvant pas se résoudre à décider du gagnant du tournoi sur un autre pile-ou-face, l’UEFA décida alors de faire rejouer la finale 2 jours plus tard, en annulant purement et simplement la première. Celle-ci fut finalement gagné par l’Italie sur le score de 2-0, ce qui clôtura l’une des éditions du championnat d’Europe les plus hasardeuses.

1976 : Départ remarqué des tirs au but

On se souvient surtout de cette 5ème édition en Yougoslavie pour avoir introduit pour la première fois les tirs-au-but dans le championnat d’Europe.
Ils furent directement utilisés dans un match à grand enjeu, lors de la finale opposant la RFA à la Tchécoslovaquie.
Des tirs au but légendaire d’ailleurs, car très serrés et passionnants, et qui se sont terminé par l’un des plus grands gestes de l’histoire du football. Nous sommes au dernier buteur de la Tchécoslovaquie, qui mène 4 à 3, grâce au tir au-dessus de la barre d’un allemand. Panenka s’avance pour tirer donc le dernier penalty, qui s’il est converti assurera la victoire des tchèques, et s’il est raté laissera une chance aux allemands de revenir au score. C’est alors que le joueur prendra une décision très risquée, d’au lieu de tirer fort dans l’un des deux côtés de la cage, de plutôt faire une petite pichenette en plein milieu du gardien. Celui-ci plongeant par anticipation se fera prendre à contrepied et concédera donc ce dernier tir, assurant la victoire de la Tchéquoslovaquie.
Ce geste culotté et demandant un grand sang-froid est aujourd’hui rentré dans la légende sous le nom de « Panenka », en honneur du joueur qui l’a tiré.

1984 : La suprématie de Platini

25 Jun 1986: Michel Platini of France in action during the World Cup match against West Germany at the Jalisco Stadium in Guadalajara, Mexico. West Germany won the match 2-0. Mandatory Credit: David Cannon/Allsport
Cette 7ème édition situé de nouveau en France fut surtout survolé par l’un des grands génies de l’histoire du football : Michel Platini.

Pour cette deuxième édition intégrant une phase de poule préliminaires à la phase finale, l’attaquant français a profité de cette augmentation du nombre de match pour inscrire le plus grand nombre de but dans un championnat d’Europe avec pas moins de 9 (dont deux triplés) ! Un nombre particulièrement impressionnant quand l’on sait que ses suiveurs les plus proches n’en ont mis « que » 5 ! Une suprématie incontestée qui assoie encore plus la légende de ce joueur.
A côté de ça, cet euro 84 a eu de nombreux matchs palpitant où la France n’a su devancer ses adversaires que dans les derniers instants, notamment contre le Portugal où ils étaient annoncés perdant à la 98ème minutes, pour finir par inscrire 2 nouveaux buts.
Un bon Euro finalement gagné par la France et qui fut très mouvementés.

1992 : L’incroyable succès du Danemark

La 9ème édition a vu le jour l’une des plus belles histoires que l’Euro n’a jamais connues. Une histoire magnifique notamment car le Danemark, futur-vainqueur de cet Euro, ne devait même pas en faire partie à l’origine ! En effet, ce n’est que « grâce » à l’exclusion de la Yougoslavie (pour cause de guerre civile et d’embargo), que le Danemark se verra repêché et autorisé à jouer.
Le Danemark partait d’autant plus loin que son meilleur joueur, Michael Laudrup, s’était fâché avec son sélectionneur et avait refusé de venir.
Et pourtant, les danois sont très loin de démériter ce succès, car malgré qu’ils aient eu sur certains matchs beaucoup de réussite, on peut tout de même noter qu’ils ont battu d’affilé la France, le Pays-Bas, et l’Allemagne, soit les 3 grands favoris de la compétition.

2004 : La surprise grecque

C’est pour la 12ème édition du championnat d’Europe qu’a eu lieu une deuxième belle histoire avec la victoire assez improbable de la Grèce. Il faut dire que ce tournoi a vu beaucoup de départ prémédité de favori comme l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie qui furent éliminé en phase de poule.
Tout comme les danois, la Grèce s’est construite autour d’une défense rigoureuse et une équipe qui privilégiait les contre-attaques. C’est ainsi qu’ils arrivèrent à surmonter la France, la République Tchèque, et le Portugal à deux reprises : pour le premier et le dernier match du championnat, en remportant le match d’ouverture (2-1) et la finale (1-0). Ce fut le seul titre majeur de la Grèce en football.

2012 : Intraitable Espagne

espagne2012

L’avant dernière édition du championnat d’Europe fut le dernier acte qui finit d’asseoir la génération dorée de l’Espagne comme l’une des plus légendaires de l’histoire du football. En effet, cela scella entièrement 4 ans de domination du football mondiale avec donc deux championnat d’Europe (2008 et 2012) et une coupe du monde au milieu (en 2010). C’est d’ailleurs la première nation à gagner 2 championnat d’Europe d’affilé. Comme un symbole, l’Espagne écrasera en finale l’Italie, avec un furieux 4-0, qui montra à tous à quelle point les espagnols étaient au-dessus de tous à cette époque-là.
L’Euro 2016 pourrait donc être la suite de cet exploit, car l’Espagne faisant encore partie des favoris, ils pourraient donc être la première équipe à gagner 3 Euro d’affilé. Ce qui est sûr en tout cas, c’est que régulièrement l’Euro écrit de nouvelle page de son histoire, toutes plus intéressantes les unes que les autres.

 

Pierre M.