Peñarol vs Nacional, l’autre Superclásico

04
avril
2017

Posté par Anthony G.

Posté dans Autres championnats / En affiche / Etranger

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Cinq cent vingt-huit. C’est le nombre de fois que Nacional et Peñarol se sont rencontrés au cours de leur histoire. Ce Superclásisco, comme il est appelé en Uruguay, est considéré par la FIFA comme le plus ancien classique en dehors des îles Britanniques. C’est un des duels les plus traditionnel du football entre deux clubs historiques peu suivis en Europe, qui pourtant comptent trois titres intercontinentales chacun.

Les deux institutions se sont affrontées pour la première fois le 15 juillet 1900, un an après la création du Nacional. À cette époque, le football dans la région du fleuve Rio de la Plata est presque exclusivement anglais. En effet, l’économie locale est dominée par des entreprises anglaises dont les employés vont petit à petit créer leurs clubs de football. C’est le cas de Peñarol qui surgit en 1891 sous le nom de Central Uruguay Railway Cricket Club, en référence à la compagnie anglaise des chemins de fer. Le CURCC prend vite de l’importance aux yeux des supporters locaux quand surgit, en réponse aux entités sportives britanniques, le Nacional Montevideo, créé par et pour les Uruguayens.

 

D’une rivalité sociale à une rivalité sportive

 

Rapidement, dès 1902, lors d’un duel passionnant dans la Copa Uruguay qui exalta les foules, la presse locale qualifie les deux équipes de “rivaux de toujours”. Il n’en fallait pas plus pour faire de ces rencontres entre deux équipes aux origines sociales opposées, un classique. D’un côté, le club anglais devenu celui des immigrés et de l’autre, celui des aristocrates locaux suivis par les créoles. À cette époque, l’Uruguay est un pays bipolaire sous plusieurs aspects et ceci se traduit également à travers ces deux équipes. Avec le temps, les différences sociales se sont estompées mais, l’écrasante domination du Peñarol et du Nacional sur le football local continue de rendre cette confrontation incontournable. À eux deux, ils pèsent soixante-quatorze titres de champions d’Uruguay sur quatre-vingt-cinq possibles et neuf coupes continentales. Des palmarès impressionnants, confirmés sur la scène internationale et qui ne laissent que des miettes aux autres équipes uruguayennes.

Aujourd’hui, nous sommes loin du grand Peñarol qui terrassa les Galactiques de Di Stefano ou du Nacional qui vainquit la bande de Brian Clough. Les deux clubs courent après leurs lointains succès, ce qui n’empêche pas le public de s’enflammer pour ce Superclásico et de continuer à faire grandir cette la rivalité. Et quand la revue Four Four Two place ce match comme étant le quatrième meilleur classique de la planète foot, elle ne se trompe pas.

Dans ce pays de 3,3 millions d’habitants, 83% de la population uruguayenne se dit supporter d’un des deux clubs. C’est dire si ce jeudi, à 1h30 du matin (heure française), pour la cinq cent vingt-neuvième rencontre entre ces deux géants, c’est tout un pays qui va s’arrêter et se diviser pour suivre ce match qui se déroulera dans le mythique stade Centenario, certainement en effervescence.

 

El Pibe