Le paradoxe Kovač

30
avril
2019

Posté par Malilon

Posté dans Allemagne / En affiche / Etranger / Flash FS

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Si le Bayern Munich est aujourd’hui le plus grand club en Allemagne, c’est grâce au travail de construction réalisé par les Roten depuis maintenant plusieurs décennies. Aucun aspect de l’institution bavaroise n’est mis de côté et l’une des priorités du club est évidemment le poste d’entraîneur. En effet, Pep Guardiola, Jupp Heynckes, Carlo Ancelotti, Louis Van Gaal, ou Ottmar Hitzfeld se sont tous succédé pour apporter leur empreinte au club. Mais étonnement, l’an dernier, les dirigeants munichois ont décidé de se tourner vers un nom moins clinquant, celui de Niko Kovač. Une année après sa nomination, l’entraîneur croate ne fait toujours pas l’unanimité.

Un mauvais concours de circonstances

Habitué à avoir des pointures reconnues pour diriger l’équipe, le Bayern Munich se voit cette année confronté à un nouveau type de problème. Pour la première fois depuis longtemps, l’entraîneur du club est remis en cause et divise énormément les fans. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette distance entre Kovač et l’environnement bavarois. Tout d’abord, le principal élément ayant déclenché cette vague de critiques autour du coach est sans doute la mauvaise période subie par le club en hiver, période où l’équipe n’a remporté que deux matchs sur les huit rencontres disputées. Cette série de mauvaises prestations bavaroises a permis au Borussia Dortmund de dépasser le Bayern et d’occuper la première place pendant plus de la moitié de la saison. Ainsi, l’ogre bavarois s’est retrouvé au poste de challenger pendant plusieurs mois. Psychologiquement, c’est dur à vivre pour toute personne habituée à supporter un club qui écrase tout en Allemagne.

Mais la goutte ayant fait déborder le vase est la piteuse élimination en Champions League contre Liverpool. Kovač est visé comment étant le principal responsable de cet échec. De plus, la maladresse à l’oral du tacticien croate lors des conférences de presse ou lors des interviews n’arrange en rien la vision que peuvent avoir les fans et les joueurs. En effet, la langue de l’entraîneur fourche à plusieurs reprises, essentiellement pour se dédouaner des problèmes que connait le club cette saison. Ce rejet de la critique n’est pas le bienvenu pour les fans qui préfèrent que Kovač assume ses erreurs.

Un bilan positif malgré tout

Paradoxalement, dans les faits, il n’y a que peu d’éléments concrets accablant Kovač lorsqu’on prend l’ensemble de sa première année au sein du club. En effet, en vérifiant attentivement les résultats du Bayern, on se rend alors compte que le tacticien ne fait pas pire que ses prédécesseurs. Actuellement, le club munichois est actuellement en tête du championnat avec 71 points en devançant son principal adversaire, le Borussia Dortmund, qui comptabilise 69 points au total. Si l’on s’attarde sur les matchs perdus des munichois, on n’en retrouve que quatre. De plus, le Bayern a pour l’instant 80 buts marqués pour 30 buts encaissés. Le club a donc la meilleure attaque en championnat et la deuxième meilleure défense (derrière celle du RB Leipzig).

Quant à la coupe d’Allemagne, elle verra son vainqueur être couronné d’ici quelques semaines et le Bayern affrontera justement Leipzig lors d’une finale qui s’annonce déjà être extrêmement disputée. D’ailleurs, Niko Kovač est sur le point de disputer sa troisième finale de DFB Pokal d’affilée. Il a même reporté celle de l’année dernière en amenant l’Eintracht Francfort jusqu’au trophée. Le doublé national est donc encore un objectif tenable alors qu’il n’a pas toujours été atteint lors des années précédentes. Le Bayern est donc loin d’avoir à rougir de ses performances de cette année et Kovač a par conséquent des arguments pour se défendre.

Quel avenir pour Niko Kovač ?

Aujourd’hui, le statut de Kovač au sein de l’institution munichoise est encore très incertain. Le fait de demeurer ou non sur le banc du Bayern dépend uniquement des résultats de cette fin de saison. Si le doublé national est réussi, il restera évidemment. Si l’un des deux trophées lui échappe, surtout en perdant contre Leipzig, sa légitimité sera encore remise en cause. Karl-Heinz Rummenigge n’hésite pas à rappeler depuis plusieurs mois que personne au Bayern n’est assuré de garder indéfiniment sa place et vise évidemment son entraîneur essentiellement. C’est donc la dernière ligne droite pour le croate qui espère garder son poste.

S’il continue l’aventure, Kovač aura l’avantage d’avoir un tout nouvel effectif puisque Franck Ribéry, Arjen Robben, Jérôme Boateng, Rafinha, et James Rodríguez ne seront plus là pour tenir tête au coach. Ces joueurs sont en effet ceux qui lui posent le plus de soucis dans les vestiaires. L’arrivée d’une nouvelle génération de joueurs munichois permettra à Kovač de les convaincre dès le départ en imposant son autorité face à des profils moins expérimentés, et éventuellement améliorer son image au sein de l’institution bavaroise.

Ismaïl H.