Qui est le meilleur entraîneur de Premier League : la saison de Roberto Martinez (6/21)

21
mars
2016

Posté par Potatotohs

Posté dans Edito / En affiche / Flash FS / Premier League

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Roberto Martinez

SUR QUOI LE CLUB RESTAIT
everton

 

La saison 2014/15 fut bien chargée pour les Toffees. Everton est le club anglais qui est allé le plus loin en Europa League cette saison-là. Mais en championnat, ils n’ont pas réussi à se requalifier pour la compétition et ont terminé aux portes du top 10 en Premier League, ce qui semblait trop peu pour le groupe en place. Everton a au moins eu le mérite de jouer à fond sur tous ses tableaux.

Cette saison, l’objectif était donc de réintégrer le top 10 et peut-être même d’aller chercher une nouvelle place européenne, selon les circonstances.

 

 

LE MERCATO ESTIVAL

ILS ONT PRIS LA PORTE
distin

 

C’est étrange de se dire qu’un club qui perd sa qualification européenne puisse ne pas faire partir beaucoup de joueurs. Et pourtant, à Everton, il semble que moins de matchs ne rime pas avec moins de joueurs. Mais un petit ménage est toujours nécessaire. Et pour cause, Roberto Martinez n’a pas cherché à retenir ses deux défenseurs centraux vétérans, Sylvain Distin et Antolin Alcaraz. Probablement pour le meilleur, le premier étant sur le déclin et le second qui était déjà fini avant même d’arriver à Everton.

 

 

LES RENFORTS
cleverley

 

Lorsqu’on garde un effectif de taille européenne, il est peut-être décommandé de recruter encore plus de joueurs. Pourtant, là encore, Everton ne fait absolument rien comme les autres : le recrutement estival des Toffees a été chargé. A commencer par les transformations des prêts de Lennon et Henen (reparti en prêt) en transferts définitifs.

Everton a aussi réussi le coup de piquer Cleverley à Aston Villa. Alors qu’il avait été prêté chez les Villans et qu’il était pressenti pour y signer définitivement, il a finalement choisi de poursuivre sa carrière à Goodison Park suite à sa fin de contrat pour Manchester United. Deulofeu, déjà prêté à Everton en 2013/14, est de retour en transfert définitif après un prêt à Séville.

Pour remplacer les deux vieux défenseurs centraux partis, Roberto Martinez a parié d’un côté sur la jeunesse et de l’autre sur l’exotisme. Le jeune Mason Holgate arrive de Barnsley et l’argentin Ramiro Funes Mori en provenance de River Plate. Des paris audacieux tant les joueurs sont méconnus. Un autre argentin, l’attaquant Leandro Rodriguez, arrive aussi, sans doute pour préparer l’avenir sur un plus long terme.

 

 

DEUX PHASES

LA MISE EN PLACE : AOÛT – JANVIER
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Les points noirs de Roberto Martinez

Je commence volontairement par les points noirs car c’est là que je dois parler de tactique. Everton a une organisation fixe. Ce serait un bon point si elle marchait en tous points, mais elle ne fonctionne pas comme elle devrait fonctionner. Pourtant on sent que tout est travaillé : le 4-3-3 en phase défensive, le 4-2-3-1 en phase offensive, Barkley qui redescend s’aligner sur McCarthy pour défendre et Barry passe en sentinelle. Tout est sensé aider l’équipe à résister aux offensives mais ça ne fonctionne absolument pas. Everton concède beaucoup trop d’occasions et encaisse donc trop de buts, surtout à domicile.

Pourtant, les éléments défensifs d’Everton sont de qualité. On ne peut pas dire que Martinez n’ait pas su conserver et recruter des défenseurs de haut niveau. Le début de saison, avec l’historique Jagielka, la révélation Galloway, la pépite Stones et l’envié Coleman, n’a pas servi d’assurance tout-risques. D’autant que Barry, le récupérateur des Toffees, est moins en forme en ce début de saison. Mais c’est globalement tactiquement que le système défensif se perd, en partie à cause des latéraux qui peinent à faire leur travail défensif et laissent de grands boulevards derrière eux. Et ce n’est pas prêt de s’arranger…

En outre, l’efficacité offensive a mis du temps à être au rendez-vous. Les choix de Roberto Martinez sont contestables. Si Barkley et Lukaku sont indispensables, on a tous été surpris de voir que Koné et Cleverley occupaient les côtés en début de saison. Le premier montre beaucoup d’envie mais est limité, tandis que le second n’a jamais eu rien à voir avec le poste d’ailier. C’est d’autant plus dommageable que Deulofeu ou Lennon, même si ce dernier n’a rien d’un phénomène, ont longtemps attendu sur le banc.

 

 

Les bons points de Roberto Martinez

Everton possède un système fixe et modulable à domicile et à l’extérieur sans même devoir changer les joueurs en place. Le manager espagnol a compris que son avant-centre, Lukaku, avait besoin d’un fort soutien pour être efficace. C’est pourquoi il demande à ses latéraux de monter et à son numéro 10, Ross Barkley, de rester proche du belge. La saison dernière, Everton se perdait un peu à cause du manque de soutien à Lukaku.

Les Toffees sont très agréables à voir jouer, notamment à domicile. Ils se projettent ensemble, ils sont techniquement au-dessus de la moyenne en Premier League, ils varient bien le jeu… C’est d’ailleurs sans doute cette volonté de jouer qui amène les problèmes défensifs récurrents. Roberto Martinez gère mal son coaching. Ses changements sont souvent contestés et peuvent même être fatals parfois.

Après une dizaine de matchs, le manager espagnol a rectifié le tir par rapport au début de saison. Et il a profité de la forme de Deulofeu pour enflammer les défenses adverses. On se demandait bien pourquoi l’espagnol était revenu à Everton alors qu’il n’avait que très peu joué lors de son premier passage en prêt, mais il a prouvé qu’il pouvait briller en Premier League.

 

 

Les résultats

Le début de championnat est très intéressant pour Everton. Malgré des difficultés à domicile (où les problèmes défensifs se dévoilent), les Toffees ne perdent que contre les gros clubs. A l’extérieur, en revanche, ils sont redoutables. Everton adapte son système et ramène beaucoup de matchs nuls.

 

 

LA MISE EN PLACE : FÉVRIER – MARS
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Les bons points de Roberto Martinez

Début février, le onze-type de Roberto Martinez a été revu, grâce aux retours de blessures en partie. Et des choix forts ont été fait. A commencer par celui d’écarter Leighton Baines du onze pour intégrer Bryan Oviedo. Et je pense que ce fut un bon choix. Leighton Baines est évidemment une légende à Goodison Park, mais son retour de blessure est moyen. Il a toujours eu ses faiblesses sur le plan défensif dans les duels, mais cette fois, il n’arrive pas à retrouver ses qualités offensives qui le rendaient indispensable et qui compensaient. Bryan Oviedo offre un profil plus modéré et plus sécurisant pour la défense d’Everton.

L’absence de Stones, quelques matchs après le retour de blessure de Jagielka, a permis à Martinez de retester l’association Mori-Jagielka en défense centrale. Et, même si ça n’enlève rien au talent de Stones, il semble que cette combinaison soit plus complémentaire. En plus de permettre à Jagielka d’être enfin revenu sur son pied droit, le duo est beaucoup plus prudent et meilleur dans l’anticipation. Mais il n’y a aucun doute sur le fait que Stones soit le meilleur défenseur central du club (beaucoup plus fort dans les duels et meilleur dans la relance)… Il aurait juste fallu lui trouver un axe-gauche complémentaire. Funes Mori et lui ont sorti des prestations trop irrégulières ensemble.

 

 

Les points noirs de Roberto Martinez

Tim Howard est déjà lui-même devenu un peu irrégulier… Alors quand il se blesse et qu’il faut le remplacer par Robles qui n’est pas au niveau, ça pose un problème de fond sur la gestion des gardiens à Everton. Plus le club s’est rapproché de la fin de Howard, moins il en a fait pour le remplacer. Et aujourd’hui, Roberto Martinez se retrouve coincé entre remettre Howard à quelques semaines de son départ ou laisser Robles mal faire le travail.

Roberto Martinez met en place un système alternatif (compo 2). Je dois dire qu’il est assez incompréhensible et, pour l’instant, inefficace. S’il a tenté ça, c’est pour régler ses problèmes à domicile. Les Toffees ont beaucoup de mal à gagner à Goodison Park. Et puis, on peut aussi penser que Roberto Martinez n’avait pas envie de pousser sur le banc un de ses trois défenseurs centraux. Sauf qu’il faut savoir faire des choix forts. L’animation du 3-5-2, en outre, ne semble pas encore avoir été décidée (celui affiché dans cet article est celui qui a joué une mi-temps contre Arsenal, différent du précédent face à West Ham). On en viendrait presque à avoir peur qu’Everton reparte de zéro cet été…

 

 

Les résultats

Ces dernières semaines, bien qu’ayant progressé défensivement, les Toffees montrent une irrégularité inquiétante et toujours autant de mal à domicile. D’autant que la logique tactique n’est plus tellement au rendez-vous non plus… Pourtant le calendrier est clément grâce aux reports de matchs dues aux coupes. D’ailleurs, Everton sera présent en demi-finale de FA Cup !

 

 

CONCLUSION
martinez

 

Comment juger la saison de Roberto Martinez ? D’un côté, un mercato étrangement chargé la saison dernière, un effectif fort avec de gros problèmes défensifs et des problèmes de choix et de coaching. De l’autre, un jeu plutôt ambitieux, un effectif globalement jeune et quelques (très) bonnes pioches sur le mercato.

 

Peut-on alors considérer que Martinez puisse faire parti du Top 10 des managers de la saison en Premier League ?

 

La réponse, pour moi, est OUI. Même si Everton montre des limites et n’atteint pas ses objectifs pour le moment, la régularité est de mise à Goodison Park. Roberto Martinez expérimente, rate beaucoup mais il évite toujours la catastrophe et fait briller beaucoup de jeunes joueurs qui font d’Everton un grand vivier.

 

 

 

Fabien.F