Qui est le meilleur entraîneur de Premier League : la saison de Manuel Pellegrini (9/21)

06
avril
2016

Posté par Potatotohs

Posté dans Edito / En affiche / Flash FS / Premier League

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man city
Manuel Pellegrini

 

 

SUR QUOI LE CLUB RESTAIT
toure

 

Après un titre en 2013/14, Manchester City se devait de tenir le rythme et de continuer sur sa lancée. Sir Alex Ferguson avait empêché les SkyBlues d’enchaîner deux titres de champion après avoir remporté leur premier titre de l’ère « Emirates » en 2011/12. Manuel Pellegrini espérait donc enfin achever ce doublé suite au succès sur le fil en 2013/14 face à Liverpool et son duo Suarez/Sturridge. Mais la saison dernière, c’est la concrétisation des projets de retour de José Mourinho à Chelsea qui empêcha les SkyBlues d’enchaîner. Et le bilan fut assez chaotique sur les autres compétitions puisque City a perdu en 8ème de finale de Ligue des Champions et aux 4ème tours de Coupe de la Ligue et FA Cup.

L’objectif de la saison, c’était de profiter d’un investissement massif pour reprendre des couleurs et reconquérir la 1ère place du championnat afin d’enfin s’imposer comme LE gros d’Angleterre.

 

 

LE MERCATO ESTIVAL

ILS ONT PRIS LA PORTE
dzeko

 

Avant toute chose, un grand ménage était nécessaire à Manchester City. Dès les premiers jours du mercato, neuf joueurs de l’équipe première quittent le club. Les défenseurs centraux Dedryck Boyata (4ème dans la hiérarchie), Karim Rekik (précédemment prêté au PSV) et Matija Nastasic (prêté à Schalke six mois plus tôt) quittent définitivement le club. Le souhait des dirigeants est clair : il faut du prestigieux. Boyata n’a pas convaincu et Nastasic a été prêté avec option d’achat. Une option levée par Schalke alors que City aurait peut-être pu mieux exploiter son potentiel en le gardant.

Trois joueurs en fin de contrat ne sont pas gardés. A commencer par Frank Lampard qui doit (enfin) commencer à jouer pour son club de New York City pour lequel il avait signé un an auparavant. C’était inévitable mais peut-être pas espéré par Pellegrini. Peut-être que ce n’était pas espéré non plus pour James Milner mais le joueur veut du temps de jeu dans l’axe et pense pouvoir en trouver à Liverpool. En revanche, Manchester City n’a sans doute pas cherché à retenir Micah Richards dont le prêt à la Fiorentina fut un échec. Les attaquants Sinclair, Guidetti et Negredo, précédemment prêtés, rejoignent les clubs auxquels ils étaient prêtés. Les deux premiers n’avaient sans doute pas le niveau, mais Negredo n’avait pas que déçu dans une attaque à deux à City. Son profil ne correspondrait plus au projet de Pellegrini avec une attaque à une pointe.

C’est plus tard dans le mercato que les autres décisions ont été prises. A commencer par le fait de prêter Jovetic et Dzeko. Les deux joueurs allaient devenir inutiles alors que Manuel Pellegrini s’apprêtait à mettre fin à son système à deux pointes. Le jeune Denayer, que City veut garder pour évaluer sa progression sur le long-terme, est reprêté. Ce qui n’est pas le cas de Rony Lopes qui, après une bonne saison à Lille malgré un physique fragile, est vendu à Monaco.

 

 

LES RENFORTS
de bruyne

 

Doubler les postes, c’est sans doute le mot d’ordre qu’avait Manuel Pellegrini avant d’entamer le recrutement. Mais il ne s’agissait pas de faire venir des jeunes inconnus ou de prendre un joueur pour doubler deux postes. Le recrutement de City avait vraiment pour but de monter deux onzes, tous les deux capables de faire un Top 4 facilement, et capables ensemble de remporter le titre haut la main.

Pour se faire, Manuel Pellegrini a dû recruter des joueurs plus forts que les titulaires déjà en place, qui passeraient donc sur le banc ou en forte concurrence. Et quand City veut des joueurs, il les a. Après avoir longtemps insisté pour Raheem Sterling, les Skyblues ont obtenu le jeune international anglais au prix fort. Un pari extrêmement risqué. Un peu comme le recrutement du jeune Patrick Roberts en provenance de Fulham. Le jeune ailier ne connaissait pratiquement pas la Premier League et ça n’a pas empêché City de poser pas moins de 15 millions d’euros sur lui.

En revanche, City a été malin en levant la clause étonnamment basse de Fabian Delph (Aston Villa). L’international anglais est parti pour 10 millions d’euros, ce qui est bien en-dessous du marché des transferts assez fou compte tenu de ses qualités. De telles affaires sont difficiles à multiplier. Donc City a dû aligner plus de 100 millions d’euros pour une star de Liga (Otamendi) et une de Bundesliga (De Bruyne). Des joueurs très enviés et demandés mais qui portent maintenant sur leurs épaules la pression de sommes considérables.

 

 

 

DEUX PHASES

MISE EN PLACE : AOÛT – OCTOBRE
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Les bons points de Manuel Pellegrini

 

La stabilité tactique peut être un atout. Alors que Pellegrini avait souvent dû varier les systèmes la saison dernière à cause de blessures, le voilà qui prend la résolution de se concentrer sur un 4-2-3-1 pour cette saison. Et les joueurs avaient déjà pu s’acclimater à ce système qui leur avait permis d’illuminer la fin de saison 2014/15 avec six victoires de rang. Un système qui, pourtant, ne présente rien de particulier. Il est juste cadré, simple et discipliné, ce qui n’aide sans doute pas à offrir le meilleur spectacle mais qui permet une domination claire dans le jeu et des victoires faciles avec une tranquillité défensive.

Dans une équipe, on parle souvent de colonne vertébrale. Et chacun peut se mettre d’accord sur celle de City qui pour moi, en ce début de saison, était Hart-Kompany-Fernandinho-Agüero. Volontairement des joueurs uniquement axiaux, car sinon ce n’est pas une colonne vertébrale. Ce sont les quatre joueurs sur lesquels Pellegrini a décidé de s’appuyer pour faire tenir son système et c’est un succès. Joe Hart a commencé la saison en forme, Kompany est revenu à son top niveau qu’il avait quitté depuis deux ans, Fernandinho s’impose comme le patron au milieu que Touré soit là ou pas, et Agüero prouve son statut de meilleur avant-centre de Premier League quand il arrive à esquiver les blessures.

 

Les points noirs de Manuel Pellegrini

 

Pendant cette première phase, le coach des SkyBlues a déjà dû essuyer les blessures répétées de plusieurs joueurs. A commencer par Fernando, Zabaleta et Clichy qui n’ont pas pu démarrer leur saison en août. Peu après, Kompany et Delph les ont rejoint à l’infirmerie. La concurrence que voulait mettre en place Pellegrini doit être retardée à plusieurs postes…

Et, à d’autres postes, on se rend compte que les joueurs recrutés sont à des années lumière des titulaires absents. Surtout en défense centrale où Kompany porte à lui seul les différentes charnières qu’il forme avec Otamendi ou Mangala. Mais dès qu’il est absent, tout part en vrille. Entre l’irrégularité d’Otamendi, la progression au point mort de Mangala et le déni de retraite de Demichelis, jamais Pellegrini n’a connu de réussite dans le recrutement en défense centrale depuis son arrivée au club en 2013.

 

Les résultats

 

Le début de saison de Manchester City est canon. Les cinq premiers matchs de championnat sont des victoires sans le moindre but encaissé. Mais les premières défaites sont d’autant plus regrettables qu’elles n’arrivent pas sur des problèmes de jeu mais sur des erreurs défensives bêtes, souvent dûes au manque de concentration des défenseurs, que ce soit sur coups de pied arrêtés ou sur les seconds ballons non-dégagés.

 

 

 

MISE EN PLACE : NOVEMRBE – MARS
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Les bons points de Manuel Pellegrini

 

Plus la saison avance, plus certains joueurs se révèlent au sein de l’effectif. A commencer par Bacary Sagna qui ne devait que suppléer Pablo Zabaleta pendant sa blessure au début de la saison. Le français est finalement parvenu à faire ses preuves et à bloquer le retour de l’argentin. Quant à Kelechi Iheanacho, jeune nigérian, il entre très régulièrement en jeu et est porteur de beaucoup d’espoirs. Il faut dire qu’on attend depuis longtemps que Manchester City fasse ressortir quelque chose de son fort investissement sur la formation et, dans le cas présent, la post-formation.

 

Les points noirs de Manuel Pellegrini

 

Manchester City a des problèmes réguliers : à l’extérieur et face aux gros. Alors quand la période des matchs à l’extérieur et contre le top 10 arrive, le jeu s’en fait largement ressentir. La faute à un côté gauche complètement amorphe avec Sterling qui a beaucoup de mal à s’adapter au jeu en attaques placées de Manchester City. Les absences régulières d’Agüero sur blessure forcent Pellegrini à aligner Bony mais l’ivoirien n’est décidément pas fait pour jouer seul en pointe.

Mais le plus gros problème, et aussi le plus prévisible, vient de deux autres stars de l’équipe : Kevin De Bruyne et David Silva. Si le talent des deux joueurs est indéniable, il était difficile d’imaginer que le belge et l’espagnol puissent être associés. Cela n’empêche pas les SkyBlues de se créer beaucoup d’occasions mais une association entre De Bruyne, Silva et Sterling, passeurs et percuteur, peinent à porter ses fruits et Manchester City manque cruellement de réalisme. D’autant que le manque d’activité de Yaya Touré, qui avait auparavant l’habitude d’épauler les quatre offensifs en permanence, empêche City de varier ses offensives. Fernandinho n’a pas ce rôle très offensif.

Les blessures, ça n’aide pas. Mais Manuel Pellegrini semble déjà avoir oublié ce qui a fait le succès de son début de saison : la stabilité. Silva ne s’est pas blessé depuis novembre dernier et, à cause des absences de certains coéquipiers ou de choix sensés rebooster l’équipe, il a occupé deux postes différents en alternance depuis la blessure de De Bruyne. On peut comprendre que les choix soient compliqués quand Touré, Delph et De Bruyne sont blessés en même temps, mais Pellegrini aurait pu utiliser d’autres solutions. Il a orchestré le retour d’un 4-4-2 (qu’il avait très souvent utilisé avant cette saison) dont personne n’a vu l’intérêt à part aligner Silva au poste de Sterling et former une association Agüero/Bony qui ne fonctionne pas le moins du monde.

Le plus inquiétant, c’est que même le retour (temporaire) de Vincent Kompany n’a pas rassuré la défense face aux grosses écuries. La confiance a quitté les rangs de City qui pleure désormais De Bruyne. Il est triste de se dire que City peut vaciller à chaque fois que Kompany ou De Bruyne est absent… Les raisons de ces résultats, même avec tous les problèmes qu’on connaît à ce club, sont pratiquement inexplicables. Si bien qu’on se demande même si Pellegrini a des pistes de travail…

 

Les résultats

 

L’irrégularité est de mise. Manchester City ne parvient plus à enchaîner deux victoires. Si on compte le fait que les SkyBlues sont en grande difficulté à l’extérieur et face aux clubs du Top 10, on peut dire que la situation est compliquée pour espérer aller chercher le titre. Six défaites face à Liverpool (aller et retour), Leicester, Manchester United, Stoke et Arsenal et trois nuls face à Leicester, Everton et West Ham, c’est bien en-dessous des capacités de l’effectif en place…

 

 

 

CONCLUSION
pelle press

 

La saison de Manchester City est bien compliquée. Alors que Pellegrini avait déjà commencé à la préparer depuis la saison dernière en commençant la formation d’un système unique et en orchestrant un mercato extrêmement prestigieux, le coach chilien s’est vite ravisé quand il a remarqué que le bulldozer qu’il devait mettre en place ne tenait en fait que sur quelques joueurs (Hart, Kompany, Fernandinho, Agüero). Des joueurs qui ne sont pourtant pas les seuls talentueux, mais Pellegrini n’a pas réussi à associer tactiquement Silva et De Bruyne, ou même à trouver une vraie place dans son système à des profils comme ceux de Sterling ou Bony… Le fait est que l’équipe qui était sensée écraser le championnat parvient péniblement à assurer sa place dans le top 4 d’une Premier League pourtant morose cette saison.

 

Peut-on alors considérer que Pellegrini puisse faire parti du Top 10 des entraîneurs de la saison en Premier League ?

 

La réponse, pour moi, est non.

 

 

 

 

Fabien.F