Qui est le meilleur entraîneur de Premier League : la saison de Liverpool (8/21)

24
mars
2016

Posté par Potatotohs

Posté dans Edito / En affiche / Flash FS / Premier League

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liverpool logo
Brendan Rodgers / Jürgen Klopp

 

 

SUR QUOI LE CLUB RESTAIT
sterling

 

A l’issue de la saison 2014/15, Liverpool a dû faire le bilan de la 3ème saison de Brendan Rodgers, marqué par la perte douloureuse de Suarez et un mercato très coûteux mais raté. Il n’y a pas eu de lutte pour le titre : Liverpool termine 6ème et revient sur le rythme que le club tenait avant le succès du duo Suarez-Sturridge.

Pour cette saison, l’objectif était de trouver une identité tactique au club (qui a utilisé un nombre incalculable de schémas différents en 2014/15) et d’investir massivement pour viser le Top 4.

 

 

LE MERCATO ESTIVAL

ILS ONT PRIS LA PORTE
gerrard

 

Pour continuer son cycle de construction d’une équipe forte, Brendan Rodgers ne voulait pas concéder de départs majeurs l’été dernier. Le but initial de ce mercato était de se débarrasser des joueurs jugés inutiles (les anciennes erreurs de casting, en somme). D’autant qu’il avait déjà préparé le départ de Steven Gerrard depuis plusieurs mois en tentant d’autres associations pour son futur milieu. Mais, comme si ça ne suffisait, un autre joueur majeur de l’équipe quitte le club : Raheem Sterling, la révélation des dernières saisons, ne veut plus jouer sous les ordres de Brendan Rodgers. Un vrai coup dur. Un an après avoir perdu Suarez, voilà que celui pressenti pour prétendre au titre de nouvelle star de l’équipe s’en va aussi. On peut sans doute reprocher à Brendan Rodgers de ne pas avoir su donner l’envie au joueur de rester, mais on peut aussi comprendre qu’il est difficile de refuser une telle offre de la part de Manchester City (on parle là de plus de 40 millions de livres, soit plus de 50 millions d’euros hors bonus).

Brad Jones (2nd gardien) et Glen Johnson (latéral droit) ne sont pas retenus, ce qui est une bonne chose étant donné leur niveau sur la dernière saison (même si c’est anecdotique pour Jones tant il jouait peu). Liverpool ne s’ennuie pas non plus avec les retours de prêts de Coates et Aspas. Ils n’ont jamais percé du côté d’Anfield et sont donc tout logiquement vendus aux clubs où ils étaient prêtés. Liverpool s’arrange avec l’Atlético Madrid pour annuler le prêt de deux ans de Javier Manquillo. Sa première saison à Liverpool étant catastrophique, il n’y avait pas d’autre issue pour le jeune espagnol qui avait lui-même grillé toutes ses chances de réussite.

Rickie Lambert et Fabio Borini n’ont pas d’avenir à Liverpool. C’est en tout cas ce qu’on leur a fait comprendre. Un an après son arrivée, la légende de Southampton est transférée à West Brom pour espérer plus de temps de jeu. Quant à Borini, il est cédé à Sunderland, où il avait déjà été prêté, avec le même but. Un troisième attaquant s’en va en prêt. Celui-là aura pourtant eu sa chance mais n’a pas su la saisir : le célèbre Mario Balotelli retourne à Milan.

Le portugais Tiago Illori est prêté à Aston Villa après déjà deux prêts non-convaincants à Grenade puis Bordeaux. C’est dans la logique des choses qu’il part encore chercher du temps de jeu loin de Liverpool tant le club n’a pas besoin de lui et est déjà bien armé au poste de défenseur central. Mais il reste sous contrat avec Liverpool. Le club ne fait pas non plus de constat d’échec avec Markovic, jeune serbe arrivé de Benfica un an auparavant, en le prêtant à Fenerbahçe dans l’espoir de le voir s’aguerrir et revenir plus fort qu’il ne l’était en 2014/15, sans doute pas prêt pour la Premier League bien qu’il ait été encourageant sur le plan technique.

 

 

LES RENFORTS
benteke

 

Au début du mercato estival, Liverpool a tout fait pour flairer les bons coups et remplacer les joueurs partis. James Milner, qui ne se sentait pas assez important à Manchester City, rejoint Liverpool en fin de contrat. Brendan Rodgers arrive à ses fins et espère redonner une place dans l’axe du terrain à ce joueur souvent décalé sur le côté chez les SkyBlues. Toujours en fin de contrat, le buteur de Burnley, Danny Ings, rejoint également Liverpool. Le mercato démarre remarquablement bien pour Brendan Rodgers.

Quelques jours avant l’ouverture officielle du mercato, il avait déjà conclu un accord avec Charlton pour signer l’international U19 anglais Joe Gomez (défenseur polyvalent), sans doute dans une vision à beaucoup plus long terme (à priori). Toujours en Championship et toujours gratuitement, Brendan Rodgers trouve une nouvelle doublure au poste de gardien en la personne d’Adam Bogdan, international hongrois. Et c’est là que le bât blesse : comment Liverpool peut prendre un gardien qui propose si peu de garanties pour concurrencer Mignolet ? D’autant qu’il ne s’agit pas de faire figuration sur le banc puisque Mignolet a clairement besoin d’un concurrent fort qui le pousserait à être beaucoup plus régulier qu’il ne l’a été la saison dernière.

Liverpool dépense ses premiers livres de l’été sur l’attaquant brésilien Roberto Firmino en provenance de Hoffenheim. Un pari audacieux tant il est coûteux (27 millions d’euros hors bonus) et inconnu de la Premier League. Le même jour, le club confirme l’arrivée de l’international anglais et latéral droit Nathaniel Clyne en provenance de Southampton. Un bon coup puisqu’il brillait avec Southampton et attirait aussi Manchester United l’été dernier. Enfin, pour espérer régler le problème de buteur du club (Gerrard est le meilleur buteur 2014/15 de Liverpool), Brendan Rodgers met le paquet sur Christian Benteke (Aston Villa) malgré une forme physique irrégulière et une clause très élevée de plus de 40 millions d’euros. Ce qui semble être excessif… Un peu comme la vente de Sterling, en somme ! Liverpool sait escroquer les autres mais sait très bien se faire avoir aussi…

 

 

DEUX PHASES

LA MISE EN PLACE : BRENDAN RODGERS
composition liverpool 1composition liverpool 2composition liverpool 3

 

Les points noirs de Brendan Rodgers

 

Les changements de système de Brendan Rodgers ont été nombreux, et les blessures aussi. En seulement 8 matchs de Premier League cette saison, le manager nord-irlandais a utilisé 3 systèmes différents : le 3-5-2, le 4-2-3-1 et le 4-3-3. Savoir se remettre en question est une qualité… Mais quand on l’a déjà fait pendant une saison entière, il devient quand même inquiétant de ne toujours pas savoir dans quel système faire jouer son équipe. D’autant que, quand on regarde les onzes, aucun système ne correspond entièrement à tous les joueurs qui le composent. Le problème vient du mercato. Non pas de la qualité des joueurs recrutés, mais de leurs profils.

On a l’impression que tout se règle avec pas grand-chose dans la tête de Rodgers. Parlons de Can, par exemple. S’il est placé en défense centrale par Rodgers alors qu’il est milieu de terrain, c’est uniquement pour améliorer la qualité de relance de sa charnière. Vous appelez ça une solution ? C’est comme si on constatait qu’une équipe ne marque jamais de la tête et qu’on se disait « tiens, je vais titulariser mon défenseur central en pointe, il est grand ! ». Si Rodgers voulait une charnière centrale propre dans la relance, il aurait dû recruter des défenseurs centraux qui ont cette qualité. Ce n’est ni le cas de Skrtel, ni le cas de Sakho, ni le cas de Lovren.

Il faut quand même noter que certaines circonstances n’ont pas joué en la faveur de Brendan Rodgers durant son (court) début de saison. Notamment l’incompréhension autour de la prolongation de contrat de Sakho qui l’a privé de début de saison. L’affaire est trouble, car personne ne sait si c’était une sanction de Rodgers ou de la direction, ou simplement une pause-bébé. On note aussi la blessure d’Henderson, le nouveau capitaine (suite au départ de Gerrard) et Allen, au même poste. Flanagan est out depuis la saison dernière. Sans oublier le début de saison avorté pour Sturridge, blessé avant la mise en place du 3-5-2 à la 6ème journée.

 

Les bons points de Brendan Rodgers

 

Difficiles à trouver, je dois dire. Mais on peut noter quand même la concurrence « honnête » pendant l’été. Rodgers ne semble pas avoir fait de favoritisme par rapport aux performances antérieures à la saison. C’est d’ailleurs comme ça que le jeune Joe Gomez, fraîchement arrivé, a déjà pris une place de titulaire dans les systèmes à 4 défenseurs en début de saison. Moreno a perdu sa place, même avec son prestige infiniment supérieur au jeune anglais. Ça s’appelle être juste.

 

Les résultats

 

Les résultats en Premier League était correct pour un début de saison. Mais c’est surtout l’Europa League, débutée avec deux matchs nuls, qui a coûté son poste à Brendan Rodgers. Le problème est surtout offensif car Liverpool marque très peu de buts, la faute à un avant-centre titulaire qui tarde à se révéler.

 

 

LA MISE EN PLACE : JÜRGEN KLOPP
composition liverpool 4

 

Les bons points de Jürgen Klopp

 

Le manager allemand n’a pas amené de joueur avec lui mais il a amené une identité de jeu fixe et propre. Malgré une préparation physique de la saison qu’il n’a pas pu gérer lui-même, il demande à ses joueurs beaucoup d’efforts d’entrée de jeu en imposant un pressing constant et très haut lors des débuts de match. Et c’est toujours dans le même 4-2-3-1, avec des joueurs offensifs qui peuvent tourner selon les blessures, mais peu souvent pour des choix du coach. A son arrivée, Klopp a voulu faire confiance à ses joueurs et leur laisser le temps.

Et il n’a pas peur d’aligner un onze offensif. S’il a d’abord laisser le récupérateur Lucas Leiva à sa place, le brésilien est vite sorti du onze pour laisser Klopp profiter du retour de Henderson et l’associer à Can au milieu. Un duo bien meilleur à la relance et surtout plus offensif que tous les milieux alignés par Rodgers en début de saison. Devant, la permutation est constante. Le mouvement est permanent. J’ai placé Lallana dans l’axe sur la composition, mais le quatuor offensif tourne beaucoup.

Et, ces derniers temps, Klopp a profité des retours pour refaire marcher la concurrence. Ainsi, Flanagan ou Origi se font petit à petit une place dans le onze-type aux dépens de Moreno ou Coutinho. Le manager allemand montre les ressources de son effectif avec des joueurs qui étaient régulièrement absents depuis son arrivée.

 

Les points noirs de Jüren Klopp

 

Le jeu instauré par Jûrgen Klopp est solide dans l’idée. Mais dans la forme, il ne pourra pas tenir debout cette saison. Le calendrier chargé, la préparation physique sans doute non-adaptée, les blessures nombreuses,… Il y a tant de choses qui font que les joueurs ne peuvent pas tenir le rythme demandé par Klopp sur 90 minutes à chaque fois. Il essaye de trouver des solutions (moins de pressing pour plus de passivité « en place ») mais ça ne fonctionne pas encore très bien, surtout après les matchs d’Europa League qui fatiguent les troupes.

Au mercato hivernal, Jürgen Klopp a déclaré ne pas vouloir recruter car il faisait confiance aux joueurs en place. Alors il aurait peut-être dû se rendre compte qu’il serait impossible d’atteindre le top 4 avec le groupe en place et étant donné la fragilité de certains éléments. Peut-être qu’il pensait que c’était trop tôt cet hiver, mais Liverpool manque vraiment d’un défenseur central qui puisse porter la défense, et aussi d’un vrai buteur car Benteke est un flop inexplicable et Sturridge revient à peine… Sans qu’on sache s’il pourra tenir longtemps sans se reblesser (déjà trois blessures cette saison).

 

Les résultats

 

Les dirigeants de Liverpool vont devoir laisser le temps à Klopp, car les résultats ne sont pas encore au rendez-vous. Liverpool a laissé s’échapper plusieurs fois la chance de se rapprocher du Top 4 de Premier League. Peut-être pour se concentrer sur l’Europa League que Klopp joue à fond. Les Reds sont qualifiés pour les quarts de finale.

 

 

 

 

CONCLUSION : BRENDAN RODGERS
rodgers press

 

L’aventure 2015/16 fut courte pour Brendan Rodgers. Il faut dire qu’il n’a pas su régler les problèmes offensifs de la saison dernière, et encore moins installer une ligne de conduite tactique. On lui reconnaîtra quand même le mérite d’avoir mis en avant certains jeunes comme Joe Gomez ou Jordon Ibe.

Peut-on alors considérer que Rodgers puisse faire parti du Top 10 des entraîneurs de la saison en Premier League ?

 

La réponse, pour moi, est non.

 

 

 

CONCLUSION : JÜRGEN KLOPP
klopp press

 

Difficile d’arriver avec un groupe qu’on ne connait pas aux ambitions assez grandes. Surtout dans un championnat où on n’a jamais officié. Mais Jürgen Klopp fait une bonne entrée en matière en essayant de construire quelque chose de précis, avec une vraie identité de jeu. En revanche, il tire peut-être un peu fort sur la corde avec ses joueurs et ça peut jouer des tours à la fin des matchs…

 

Peut-on alors considérer que Klopp puisse faire parti du Top 10 des entraîneurs de la saison en Premier League ?

 

La réponse, pour moi, est OUI. Les résultats sont loin d’être faramineux,  mais le jeu est ambitieux, les joueurs semblent beaucoup plus impliqués et reçoivent le message d’un entraîneur dont le mot d’ordre est tout simplement le TRAVAIL. Alors, même s’il peine à aller toucher les places européennes, on peut saluer la prise de risque et l’identité qu’il veut donner au club. D’autant que, avec le calendrier chargé du club, il est difficile de travailler beaucoup et pourtant les progrès sont bien réels.

 

 

 

Fabien.F