Qui est le meilleur entraîneur de Premier League : la saison d’Arsène Wenger (2/21)

13
mars
2016

Posté par Potatotohs

Posté dans Edito / En affiche / Flash FS / Premier League

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ARSENAL

arsenal logo

Arsène Wenger

 

SUR QUOI RESTAIT LE CLUB ?

 

cup

 

La saison dernière, qui était la 19ème dirigée par Arsène Wenger, s’était soldée par un retour sur le podium de Premier League après deux saisons à la 4ème place et une double-obligation de barrages de Ligue des Champions. En plus de ça, les coéquipiers de Mesut Özil étaient parvenus à obtenir deux titres : le Community Shield et la FA Cup pour la deuxième fois d’affilée. Sur le plan européen, ils avaient pourtant déçu en s’inclinant encore une fois en 8ème de finale face à un adversaire pourtant abordable : l’AS Monaco. En championnat, les Gunners avaient souffert d’une première partie de saison pas à la hauteur qui les avait privé du rêve de titre qu’ils n’ont plus obtenu depuis 2004.

L’objectif était donc de faire encore mieux.

 

 

LE MERCATO

ILS ONT PRIS LA PORTE

szczesny

 

A Arsenal, la sortie est plus facile à trouver que l’entrée. Pourtant, l’été dernier, peu de joueurs l’ont pris. Et pour cause, les grands clubs ne sont pas venus chercher les pépites d’Arsenal comme ils ont pourtant l’habitude de le faire. Une bonne nouvelle pour Arsène Wenger qui avait pris soin de prolonger les contrats des plus jeunes joueurs de son équipe-type 2014/15 : Hector Bellerin et Francis Coquelin.

Des départs auront quand même marqué le mercato estival des Gunners. A commencer par celui de Wojciech Szczesny. L’international polonais cumulait déjà plus de 130 apparitions en Premier League sous le maillot rouge. Alors qu’il avait résisté à la concurrence de son compatriote Lukasz Fabianski pendant 3 ans et demi, il n’a pas su tenir son rang et s’est fait voler sa place de numéro 1 par David Ospina, recruté à l’été 2014. Et, alors qu’Arsenal s’apprêtait à recruter un autre gardien, il était vraiment temps de partir. Il a été prêté à l’AS Roma.

Arsène Wenger en a aussi profité pour se débarrasser de Lukas Podolski et Ryo Miyaichi. Le premier, meilleur dans les vestiaires que sur le terrain, a été vendu à Galatasaray. Quant au japonais, il n’a jamais su s’imposer à Arsenal et est parti libre vers la 2ème division allemande. Enfin, on notera aussi la non-prolongation d’Abou Diaby qui faisait office de fantôme au centre d’entraînement.

LES RENFORTS

cech

 

Comme souvent, Arsène Wenger est resté raisonnable à l’été 2015. Pour lui, pas question de recruter bling-bling si les joueurs en question sont inutiles. Il avait pourtant fait les efforts nécessaires pour satisfaire les fans lors des deux précédents mercatos estivaux avec les arrivées coûteuses de Mesut Özil (2013) puis Alexis Sanchez (2014).

Mais cet été, la star recrutée venait de moins loin et coûtait moins cher. C’est à la porte d’à côté, celle de Chelsea, que Wenger est parti frapper pour profiter d’une occasion qui ne se manque pas : Petr Cech. Effacé par Courtois chez les Blues et voulant rester vivre à Londres, le gardien tchèque n’a pas hésité à franchir le pont dangereux de Stamford Bridge à l’Emirates Stadium. Il est d’ailleurs la seule recrue estivale des Gunners qui ait directement intégré l’équipe première, faisant de son nouveau club l’un des moins actifs de l’été et même si Arsène Wenger a pu compter sur un retour de prêt pour remplir son effectif, à savoir celui de Joël Campbell.

 

DEUX PHASES

 

La saison tactique d’Arsenal se résume en deux phases. Le tournant a eu lieu en Novembre. Avant ce mois, Arsène Wenger avait une équipe-type solide qui tournait très bien. Mais des joueurs se sont soudainement blessés en même temps et ont déstabilisé le système pour le reste de la saison. Il a alors dû être refondé.

LA MISE EN PLACE : AOÛT – NOVEMBRE

 

arsenal compo

 

Les bons points de Wenger

 

Fidèle à son 4-2-3-1 (indispensable pour aligner Özil dans les meilleures conditions), Arsène Wenger a réussi à surprendre sur le côté droit de son équipe et ce fut une belle réussite. Il a laissé s’installer Hector Bellerin à la droite de sa défense. La vitesse et la générosité du jeune latéral espagnol a tellement convaincu que le nom de Mathieu Debuchy a été complètement effacé des plans de Wenger. Et devant lui, Arsène Wenger, qui dispose pourtant de quelques ailiers (Alex Oxlade-Chamberlain, Joël Campbell ou Theo Walcott), a préféré décaler le milieu relayeur Aaron Ramsey sur le côté. Choix parfois surprenant tant le gallois semble loin du profil requis, mais qui a permis à l’équipe de très bien tourner et d’offrir une solution originale avec un côté droit totalement ouvert pour Bellerin, et une certaine liberté de déplacements pour Ramsey.

Pour sécuriser sa défense, c’est Francis Coquelin qui a été préféré. Son activité et son engagement physique ont permis à Arsène Wenger de trouver une vraie assurance à sa défense centrale, chose qui n’aurait sans doute pas été possible avec Arteta ou Flamini. Les bonnes surprises Coquelin et Bellerin sont venus s’ajouter à celle de Monreal. Alors qu’on le pensait trop limite pour convaincre son coach, il a gardé sa confiance et l’espagnol s’est véritablement relevé et réalise une très grosse saison. Le tout devant un Petr Cech qui, après une très mauvaise entrée en matière, s’est révélé être un véritable sauveur pour les Gunners, match après match. Recrutement gagnant !

Au milieu de terrain, Santi Cazorla a gardé son nouveau rôle de relayeur qui lui va à merveille grâce à une complémentarité parfaite avec Francis Coquelin et une discipline tactique supérieure aux « vrais » milieux relayeurs de l’effectif d’Arsenal. Et qui de mieux pour servir un Mesut Özil qui est au top de sa forme cette saison, tout comme Alexis Sanchez qui l’a bien démarrée. A la pointe de l’attaque, lors de cette première phase, la concurrence a été forte et prolifique entre Theo Walcott et Olivier Giroud, dans deux profils totalement différents mais souvent très bien équilibrés par Wenger.

Les points noirs de Wenger

 

Comme la saison précédente, les Gunners ont du faire avec Per Mertesacker pour accompagner Laurent Koscielny en défense centrale. Si le français est adulé outre-Manche, ce n’est toujours pas le cas de l’allemand dont on se demande bien encore comment il peut garder sa place. Peut-être parce que la concurrence n’a que très peu sa chance sous Wenger, et Gabriel (recruté à l’hiver 2015) en pâtit énormément. Peut-être aussi parce que Wenger s’est refusé à recruter un grand défenseur central qui aurait rapidement fait bouger la hiérarchie, préférant aller chercher Gabriel qui ressemblait plus à un pari qu’à un « troublemaker » pour la charnière centrale.

Cette notion de concurrence est très mal gérée à Arsenal, à ce poste mais aussi sur les autres. Certains n’ont pas eu leur chance durant cette première phase de la saison (Campbell, Debuchy), d’autres ne sont pas au niveau pour saisir celle qui s’offre à eux (Chambers, Gibbs, Flamini, Oxlade-Chamberlain) et d’autres ont passé trop de temps à l’infirmerie pour espérer quoi que ce soit (Wilshere, Rosicky, Welbeck).

Les résultats

 

En Premier League, Arsenal a réalité un bon début de saison grâce à ce onze-type, construit pour être offensif face aux petites équipes mais beaucoup plus défensif face aux gros. Arsène Wenger tenait à régler le problème de son club face aux grosses équipes de cette manière. Même si la malédiction n’est pas tombée face à Chelsea pour des raisons principalement extra-sportives, le plan a marché face à Manchester United ou Liverpool.

En Ligue des Champions, par contre, cette stabilité dans les résultats positifs ne s’est pas ressentie. Les Gunners ont effectué une très mauvaise entrée en matière dans leur groupe F avec deux défaites face à Zagreb et l’Olympiakos. Grâce à leur plan-défense (le même qu’en championnat), ils sont parvenus à battre le Bayern Munich à la maison mais pas en Allemagne. Trop d’assurance ou pas assez d’envie ? En tout cas, ces problèmes jouent souvent des tours aux hommes d’Arsène Wenger. Ils devaient pourtant se souvenir de la dernière fois, face à Monaco… Tout cela vient s’ajouter à une humiliation précoce en Coupe de la Ligue avec une défaite 3-0 sur le terrain de Sheffield Wednesday.

 

LA MISE EN PLACE : DÉCEMBRE – FÉVRIER

 

compo arsenal 2

 

Les points noirs de Wenger

 

Je commence volontairement par le négatif. Les points noirs de la première phase se sont mis en lumière, à commencer par la concurrence qui a été forcée de jouer beaucoup plus régulièrement. Mathieu Flamini, qui n’avait pratiquement pas joué avant, a obtenu un temps de jeu automatique à chaque match suite aux blessures conjuguées de Coquelin et Arteta. Et pour l’accompagner, c’est Ramsey qui a dû quitter son côté droit pour compenser la blessure de Cazorla qui venait s’ajouter à celles de Wilshere et Rosicky.

Et les problèmes tactiques se sont posés pour deux raisons : Wenger n’a pas préparé de concurrence digne de ce nom pour pallier les blessures et les concurrents n’étaient pas complémentaires tactiquement. Mathieu Flamini, moins actif et surtout plus baroudeur que Coquelin, peine à garder sa place devant la défense et se perd parfois dans des courses inutiles pour son poste. D’autant qu’il jouait aux côtés de Ramsey qui, de son côté, adore se projeter dans la surface adverse. Le milieu Flamini-Ramsey offre donc une indiscipline tactique criante par rapport au duo Coquelin-Cazorla.

Pour occuper les deux côtés laissés vides par Alexis et Ramsey, le défilé des joueurs suffisants a démarré. Quel malaise pour Özil de voir tourner autour de lui les Oxlade-Chamberlain, trop maladroit, et Walcott, pas assez généreux dans les efforts défensifs. Pour ne rien arranger, certains retours de blessures sont mauvais. Cela fait quelques semaines que Coquelin et Alexis sont de retour à la compétition mais leur niveau n’est pas celui qu’ils avaient avant de se blesser.

Les bons points de Wenger

 

La grande forme de Cech, Koscielny, des latéraux et d’Özil sont restés des atouts majeurs pour le onze de Wenger. Ce sont sans aucun doute les joueurs les plus réguliers de la saison sur son ensemble. Ils ont permis au club de tenir à flots malgré les nombreux changements tactiques. A l’hiver, Joël Campbell a enfin assumé la confiance qu’on lui portait et a surpris positivement les fans d’Arsenal qui ne l’attendaient plus. Le costaricien a réveillé un côté droit endormi depuis longtemps à Arsenal. Et que dire de la forme hivernale de Giroud (redescendue depuis). Dos au jeu comme face au but, l’attaquant français s’est montré hyper-efficace. C’est cette efficacité qui a permis à Arsenal de récolter des points parfois difficile à cause d’un jeu moins huilé, moins naturel qu’au début de la saison.

Au mercato hivernal, Arsène Wenger a décidé de donner un bon de sortie à Debuchy qui ne se sentait sans doute plus chez lui à Arsenal et qui manquait cruellement de temps de jeu. Une sage décision quand on constate l’état d’esprit du joueur vis-à-vis d’Arsenal. Et, pour pallier aux blessures au milieu, l’égyptien Mohamed Elneny est arrivé en provenance de Bâle (Suisse). Un achat peu coûteux pour Wenger qu’on pressentait pourtant l’été dernier sur des milieux défensifs beaucoup moins abordables (Schneiderlin, Carvalho, Wanyama,…)

Les résultats

 

Depuis Novembre, les Gunners ont fait les montagnes russes. Après avoir atteint le top à la mi-saison, ils descendent peu à peu au classement. La faute à une tactique qui ne marche (déjà) plus face aux gros et à un laisser-aller certain face aux plus petits.

Même du côté des coupes, la déception est immense. Si la défaite en 8ème de finale aller de Ligue des Champions était prévisible, celle en quart de finale de FA Cup face à Watford va sans doute rester en travers de la gorge des dirigeants londoniens. Comme souvent ces derniers temps, les Gunners ont cruellement manqué d’efficacité.

 

CONCLUSION

wenger

 

Contrairement à la saison dernière, Wenger a su trouver les clés pour installer un onze qui puisse aller chercher des points face aux gros. Mais cette tactique s’est effondrée quand les blessures se sont multipliées. Si Arsenal a réalisé une année civile 2015 extraordinaire, il semble que les jambes lourdes de certains joueurs suffisent aux Gunners pour lâcher le rythme et manquer encore une fois le sprint pour le titre en Premier League. D’autant qu’il ne restera peut-être bientôt plus que ça à jouer.

 

Peut-on alors considérer que Wenger puisse faire parti du Top 10 des managers de la saison en Premier League ?

 

La réponse, pour moi, est OUI. Les résultats périphériques à la Premier League sont certes décevants, mais l’identité de jeu d’Arsenal et les résultats constants font de Wenger l’un des seuls entraîneurs qui n’a pas fait régresser son équipe entre la première partie de l’année 2015 et la seconde. Le mercato, bien qu’incomplet, s’est révélé être un sans faute pour le moment. On ne peut pas dire que Wenger ait atteint les objectifs qu’il s’était sans doute fixé, mais son travail global est sans aucun doute classable dans le top 10 de la saison.

 

Rendez-vous dans le 21ème article pour savoir à quelle place exacte le manager français se positionnera !

 

 

Fabien.F