Lille : Autopsie de la débâcle

29
mars
2018

Posté par Kofal

Posté dans En affiche / Flash FS / France / Ligue 1

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En Ligue 1 depuis 2001, le Lille Olympique Sporting Club pourrait bien voir cette série tomber cette saison. En effet, le club nordiste pointe à une piteuse 19ème place en Ligue 1, laissant présager un retour dans l’antichambre de l’élite du foot français. Pire, les difficultés financières dont le club fait face, pourrait le conduire dans une tempête -sportive et administrative- bien plus cruelle encore. La saison fut marquée par des dates qui symbolisent à elles seules le calvaire des nordistes. Après s’être mis à rêver en début de saison avec l’arrivée de Gérard Lopez, riche homme d’affaires à la tête de l’équipe, ainsi que les moyens mis à disposition et les ambitions pour arriver à faire du club un prétendant sérieux aux places européennes, les supporters des dogues voient leur rêve se transformer doucement en cauchemars, avec une descente aux enfers au bout du tunnel, qu’ils aperçoivent, malheureusement enfin. Retour sur les quelques dates qui ont marqué la saison du LOSC, qui n’est cependant pas encore terminée. 

 

 

Les dates de la saison lilloise :

 

16 octobre 2016 : A la tête du LOSC depuis une quinzaine d’années, Michel Seydoux est fatigué. L’homme d’affaires souhaite vendre son club qu’il aime tant. Après avoir rencontré plusieurs potentiels repreneurs, Seydoux rencontre Gérard Lopez et les deux hommes entament les négociations pour le rachat du club nordiste.

 

Janvier 2017 : Trois mois après les premières négociations, Michel Seydoux cède le LOSC à Gérard Lopez. L’entrepreneur hispano-luxembourgeois vient de quitter, deux ans plus tôt, Lotus F1 Team après six années à sa présidence. Dés son arrivée, celui qui s’était renseigné plusieurs mois auparavant pour racheter l’OM procède à du changement ; Franck Passi prend le poste d’entraîneur et remplace Patrick Collot et se met rapidement d’accord avec le très demandé Marcelo Bielsa. Le coach argentin arrivera l’été suivant.

 

Juillet 2017 : Bielsa prend les commandes à la tête du banc lillois. Après plusieurs mois d’attente donc, l’ancien entraîneur de Bilbao et de l’OM, entres autres, arrive avec les mêmes ambitions que les nouveaux dirigeants. Les dogues de Lopez veulent créer un modèle économique simple et comptent sur Marcelo Bielsa, réputé pour sa formation, pour faire émerger des jeunes talents venus des quatre coins du globe. L’idée se veut efficace : acheter des jeunes joueurs contre des petites sommes et les revendre à prix d’or. La prestigieuse cellule de recrutements lilloise se met donc à l’action et une troupe de talents en devenir arrive dans le Nord. Parmi les nouvelles recrues, Nicolas Pépé, arraché à Angers, Thiago Mendes, Maia, Edgard Ié ou encore Ponce. Tous, jeunes, avec des potentiels intéressants que Bielsa compte bien exploiter.

 

Août 2017 : Première journée au Stade Pierre-Mauroy et les lillois de Bielsa s’imposent sans contestation face à Nantes (3-0). Dés lors, on s’imagine que les lillois vont aller au bout des exigences de leur nouveau patron qui vise le top 5 et une qualification en coupe d’Europe. Le jeu proposé est alléchant, dynamique et porté vers l’offensif. Une belle saison qui s’annonce pour le LOSC ? Et bien non. Lille enchaîne deux défaites consécutives dans ce même mois, à Strasbourg (3-0) et face à Caen à domicile (2-0). Les hommes de Bielsa s’enfoncent peu à peu dans la crise et enchaînent 9 matchs sans victoire (6 défaites, 3 nuls). Le projet, bien qu’ambitieux à du mal a prendre et les jeunes pousses ne confirment pas. La méthode Bielsa est vite remise en cause, ce dernier s’étant séparé de nombreux joueurs expérimentés, onze au total dont Enyeama, Bauthéac, Basa, Eder ou encore Palmieri s’entraînent seuls dans le fameux « Loft » du LOSC. Les observateurs estiment que le groupe, étant trop jeune, perd en crédibilité.

 

30 septembre 2017 : Les hommes de Bielsa se déplacent à Amiens, pour le derby des Hauts-de-France. Peu avant le quart d’heure de jeu, Nicolas Pépé ouvre le score pour les nordistes. Explosion de joie dans le parcage visiteur où plus de 300 supporters lillois ont fait le déplacement. Mais l’euphorie du but retombe vite après qu’une barrière, séparant les supporters à la tribune, cède et où une dizaine de personnes tombe de quelques mètres. L’incident est grave même s’il ne fait que quelques blessés légers. Le match est arrêté et reporté alors que le LOSC menait 1-0. Le symbole de toute une saison…

 

20 novembre 2017 : Près de deux mois après le drame au Stade de la Licorne, picards et nordistes se retrouvent pour enfin en découdre. Le match reprend à 0-0 pour le plus grand regret des joueurs et supporters lillois qui menaient pourtant 1-0 avant le terrible incident. L’enjeu est de taille dans ce derby puisque le vainqueur, s’il y a, quittera la zone rouge. Le LOSC, en forme, vient d’enchainer deux succès importants. L’un à Metz (3-0) et l’autre à domicile face à Saint-Etienne (3-1). Mais la joie est de courte durée et les dogues prennent une correction à Amiens (3-0). La crise persiste.

 

22 novembre 2017 : Deux jours après le revers symbolique face à Amiens et après la succession de mauvais résultats, Lille avant dernier du championnat fait un choix fort. En effet, la direction du club décide de suspendre Marcelo Bielsa. L’argentin ira même jusqu’à saisir la commission juridique de la Ligue pour faire constater les dessous de cette résiliation qu’il juge comme une faute grave. Si le nom de Galtier est déjà évoqué pour le remplacer, c’est une cellule technique composée de Sacramento, Da Cruz, Delaval et Mantaux qui prend les commandes de l’effectif.

 

12 décembre 2017 : 3 jours après sa défaite au Parc des Princes face au PSG (3-1), la Direction Nationale du Contrôle de Gestion (DNCG) décide d’interdire de recrutement le club nordiste pour le prochain mercato d’hiver. En plus du fait que le LOSC ne pourra pas se renforcer au prochain mercato dans le but d’aller chercher le maintien, le gendarme du foot français place Lille en Ligue 2 à titre conservatoire. Sanction qui pourrait être confirmée en juin prochain si les finances du club ne remontent pas. Et pour ça, le LOSC doit se maintenir d’abord sportivement. Si non, les conséquences pourraient être encore plus désastreuses.

 

15 décembre 2017 : Le contrat liant le club à Marcelo Bielsa est officiellement rompu. L’argentin ne sera resté que 5 mois dans le Nord où il est largement critiqué. Ses choix avant et pendant le mercato sont contestés. Gérard Lopez avouera de lui-même s’être trompé en le nommant entraîneur.

 

22 décembre 2017 : Accord de principe entre Christophe Galtier, libre, et le club lillois. Il s’engagera officiellement quelques jours plus tard. L’ancien entraîneur des Verts a pour mission de maintenir Lille et de remettre de l’ordre au sein de l’effectif, dans lequel le doute s’est installé sous l’air Bielsa. Des joueurs tels-que Thiago Maia ne jouant pas à leur poste de prédilection, c’est les premiers changements qu’il opérera dés son arrivée. Il débute par une victoire à Caen (1-0) mais enchaîne deux revers (Rennes 2-1 et Troyes 1-0).

 

Mars 2018 : Marcelo Bielsa, qui avait saisi la commission juridique de la Ligue pour protester contre la résiliation de son contrat avec Lille, est condamné à payer 300 000 euros au club nordiste pour « procédure abusive ». L’argentin réclamait à son ancien club plus de 18 millions d’euros pour indemniser son licenciement qu’il considère comme une faute grave. Une première bataille, judiciaire, gagnée pour le LOSC

 

10 mars 2018 : Alors que Lille n’a pas gagné en championnat depuis fin janvier, les hommes de Christophe Galtier reçoivent Montpellier. Après avoir inscrit le premier but par l’intermédiaire de Nicolas Pépé, peu avant la mi-temps, les dogues se font rejoindre à l’heure de jeu. Lille enchaîne un sixième matchs consécutifs sans victoire. A la fin de la rencontre, des dizaine d’Ultras, membre du groupe DVE (Dogues Virage Est) font irruption sur la pelouse. Ils tentent même d’agresser leurs propres joueurs, dont Nicolas Pépé, buteur du jour. Après l’évacuation des différents acteurs de la partie, les « supporters » présents sur la pelouse entonnent des slogans pour contester les résultats ainsi que la gestion du club. Des menaces de morts à l’encontre de la direction se font même entendre (« Si on descend, on vous descend »). Gérard Lopez, le président du LOSC, décide de porter plainte au nom du club pour « menaces de mort ». Une dizaine de personnes seront par la suite interpellées, soupçonnées d’avoir participé à l’envahissement de terrain. Ils seront jugés en juin prochain.

 

1er avril 2018 : Le prochain match de Lille aura lieu ce-jour. Tel un symbole où les véritables ennuis ont débuté pour le club, les dogues recevront Amiens dans un stade Pierre-Mauroy vide, faisant suite à un huis clos imposé par la commission de discipline de la Ligue après les débordements survenus face à Montpellier. Les hommes de Christophe Galtier doivent impérativement s’imposer face à un concurrent direct s’ils veulent encore croire au maintien. Le LOSC regrette la décision de la commission de discipline de la Ligue et considère cette sanction comme une double peine, pénalisant les « vrais » supporters dont le club a vraisemblablement besoin pour continuer d’y croire.

 

 

 

K.F