Les montagnes russes

13
octobre
2017

Posté par Pierre

Posté dans Coupe du Monde 2018 / En affiche / Equipes de France / Flash FS

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Les Bleus iront en Russie sans passer par la case barrage. C’est une première depuis 2006. Cependant, ils auront tremblé jusqu’au bout alors que cette qualification pouvait être validée bien avant. Retour sur une qualification faite de haut et de bas.

 

Les éliminatoires commencent à Borisov, contre un adversaire que les Bleus connaissent bien. Ils l’ont affronté lors des deux dernières campagnes de qualification. Ce sont aussi les premières difficultés. En effet, manquant d’imagination, la France ne parvient pas à faire la différence et concède d’entrée deux points chez une des équipes les plus faibles du groupe. Ce sont deux points qu’il faudra récupérer ailleurs et un premier joker déjà grillé. Un mois plus tard, la France est au bord du gouffre lorsqu’Aleksandrov ouvre le score pour la Bulgarie au stade de France après 7 minutes.

 

Enfin tranquille ?

Heureusement, la Bulgarie possède d’inquiétantes lacunes et le tout nouveau duo de l’Atlético Madrid Griezmann/Gameiro permet à la France de s’imposer facilement (4-1). Dans la foulée, les Bleus sont impressionnants dans la première demi-heure et enfin solides en défense. Ils réalisent le gros coup de la troisième journée en s’imposant (1-0) aux Pays-Bas sur une frappe lointaine de Pogba, faisant taire un moment certaines critiques à son encontre. Après avoir frôlé la catastrophe, le rêve d’une qualification tranquille apparaît. Ce rêve prend davantage forme lorsque, malgré un match compliqué et deux buts chanceux, la France bat la Suède (2-1) au Stade de France. Elle se retrouve ainsi en cette fin d’année 2016 en position idéale dans le groupe A.

 

La rechute

En mars 2016, malgré un match une nouvelle fois laborieux, la France ramène les trois points du Luxembourg avant de défier la Suède, son principal adversaire. Une victoire enverrait pratiquement les Bleus en Russie et un nul serait déjà une bonne opération. Ainsi, lorsque Giroud ouvre le score d’une frappe splendide à la 37e minute, c’est une fin des éliminatoires aisée qui pointe son nez. Hélas, la France se fait reprendre quelques minutes plus tard et finit par perdre le match sur une incroyable erreur de Lloris dans les arrêts de jeux. Un scénario cruel qui n’est pas sans rappeler celui du tristement célèbre France-Bulgarie de 1993. Et qui pourrait bien avoir des conséquences semblables puisque désormais la Suède occupe la tête du groupe au goal-average et que tout reste à (re)faire pour les Bleus.

 

La réception d’une équipe des Pays-Bas capable du meilleur comme du pire fin août s’annonce donc extrêmement périlleuse. Mais, alors qu’on pouvait craindre ce match contre les Oranges, on assiste finalement à un récital des Français (bien aidés par leur supériorité numérique) et notamment des petits nouveaux Lemar et MBappé. Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule la Suède s’incline (3-2) en Bulgarie et pointe désormais à trois points. La route vers la Russie est à nouveau dégagée pour l’équipe de France. Seule ombre au tableau : un gros manque de réalisme en attaque.

 

Une dernière semaine idéale

Un détail, mais il va avoir son importance. Encore une fois, cette équipe de France va trouver le moyen de se remettre sous pression. Face au Luxembourg, qui n’a plus pris le moindre point face aux Bleus depuis plus d’un siècle, la France ne va pas trouver la faille et laisse alors la Suède revenir à un point grillant ainsi le joker inespéré acquis quelques jours plus tôt. Pour rester en tête du groupe, la France doit donc s’imposer à Sofia, là où la Bulgarie a remporté tous ses matchs d’éliminatoires.

 

Malgré un but rapide de Matuidi et une grosse domination en première mi-temps, la France reste sous la menace d’une égalisation jusqu’au bout mais parvient quand même à s’imposer et à conserver la tête du groupe. Il ne lui reste plus qu’à battre la Biélorussie pour s’assurer la qualification. Avec une autre équipe, ce serait une formalité mais au vu de l’irrégularité des Bleus dans ces éliminatoires, on peut légitimement avoir quelques inquiétudes.

 

Et on aurait raison car encore une fois, après une bonne première mi-temps et deux buts d’avance, la France s’est fait peur. Au final, c’est une dernière victoire laborieuse et inutile (la Suède s’étant inclinée en Hollande) qui expédie ces Bleus irréguliers en Russie. L’histoire se termine bien même si cette qualification aurait dû être acquise beaucoup plus tôt. Cependant c’est dans la difficulté que se construisent les équipes et celles que les Bleus ont rencontrées durant ces éliminatoires pourraient bien servir dans huit mois.

 

Soninho

 

Crédit photo : Ouest-France