Le bilan russe des seizièmes de finale

28
février
2015

Posté par Pierre

Posté dans En affiche / Europa League / Flash FS

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PSV Eindhoven – Zénit Saint-Pétersbourg

 

Après une phase de poules relativement ratée en Ligue des champions, le Zénit était reversé en Ligue Europa pour les seizièmes de finale. L’objectif déclaré par Axel Witsel est de remporter la compétition. Pour remplir cet objectif, le Zénit doit écarter le club néerlandais du PSV Eindhoven.

 

Le tirage s’est montré relativement favorable pour le Zénit. Relativement car le PSV Eindhoven reste une équipe de grande renommée sur la planète football ayant joué un rôle important dans le passé. Ce club dispose de quelques internationaux et est en pleine bourre dans le championnat. Toutefois, ce dernier est sur le déclin depuis plusieurs années et comme symbole de ce déclin, les difficultés qu’a connu le club pour se qualifier aux seizièmes de finale peuvent être citées. Il ne s’est qualifié qu’avec deux victoires et deux nuls. Il a en outre perdu ses deux rencontres contre le Dinamo Moscou, autre club russe considéré inférieur au Zénit qui le devance largement en championnat à l’heure actuelle. Pour le Zénit, il n’y a donc aucun doute. Malgré la renommée mondiale de son adversaire et sa grande forme en championnat, l’objectif est la double victoire et donc de remporter les deux matchs !

 

Le début du match aller était très poussif pour les Russes et c’était les Néerlandais qui le dominaient. Le Zénit se montrait très timoré sur le côté offensif et les attaques étaient pour le PSV. Iouri Lodyguine était mis à contribution à plusieurs reprises. Cependant, le Zénit revenait peu à peu dans la partie tout en n’encaissant aucun but. Après deux tirs cadrés de Chatov et Rondon aux alentours de la vingtième minute, le Zénit commençait à réellement prendre le contrôle du match. La 36ème minute voyait l’une des dernières occasions néerlandaises lorsque le PSV se retrouvait à deux contre un devant Lodyguine, mais, trop lents, la défense russe de retour dans son camp interceptait le ballon. C’était la dernière occasion pour le PSV Eindhoven avant une dernière en toute fin de match. Dès lors, le Zénit dominait totalement et se procurait toutes les occasions. Bien que le PSV tenait le nul à la mi-temps puis tentait timidement de reprendre le contrôle du match au retour des vestiaires, la domination pétersbourgeoise allait se concrétiser sous peu. Une bonne combinaison entre Hulk et Danny permettait au Zénit d’ouvrir logiquement le score de façon méritée. Par la suite, Rondon, pas vraiment dans son match, ratait de nombreuses occasions. Smolnikov trouvait également le cadre. Malgré plusieurs occasions de doubler la mise, le score ne bougeait plus et la fin du match voyait une déferlante de cartons avec du côté des Zénitikis Ryazantsev, Garay et Danny avertis, puis André Villas-Boas exclut du terrain pour multiples contestations. Le match s’achevait donc sur ce résultat très favorable pour le Zénit après une ultime occasion manquée du PSV sur un tir lointain et avant le match retour prévu à domicile une semaine plus tard.

 

 

Grâce à son avantage acquis à l’extérieur, le Zénit abordait son match retour à domicile en confiance malgré le manque de compétition. Fort de l’avance au score, le Zénit aurait pu sceller sa surface tandis que le PSV aurait pu se jeter à l’attaque pour rattraper le retard. Ce ne fut pas le cas. Dès la première minute, Hulk voyait son tir contré par un adversaire et après un court pressing néerlandais, le Zénit malmenait de bout en bout le leader d’Eredivisie. Le gardien du PSV devait s’employer à plusieurs reprises pour arrêter les tentatives des Zénitikis, principalement d’Hulk, de Garay et de Rondon, ce-dernier se montrant par ailleurs bien plus percutant qu’au match aller. L’ouverture du score de Rondon, complètement logique, qualifiait quasiment le Zénit et malgré ça, les Pétersbourgeois continuaient de dominer. Du côté du PSV, Depay cadrait quelques tirs, mais le Zénit gâchait plusieurs belles occasions de but. Les corners pétersbourgeois s’enchaînaient et c’est sur ce court avantage au score que le Zénit et le PSV se séparaient à la pause, un score qui qualifiait quasiment le Zénit et qui ne pouvait l’éliminer qu’en cas de triplé néerlandais. Au retour des vestiaires, Hulk mettait fin au suspense en trois minutes, marquant le deuxième but russe. Il s’en est suivi un petit temps fort pour Eindhoven dont les joueurs se procuraient quelques occasions. Le PSV obtenait un penalty de la dernière chance après l’heure de jeu, mais Iouri Lodyguine stoppait celui-ci. Le Zénit se remettait à dominer et triplait la mise lorsque Rondon inscrivait son doublé. Large vainqueur du leader des Pays-Bas, le Zénit obtenait sans trembler sa qualification.

 

 

Hulk a marqué deux buts contre le PSV Eindhoven.

Hulk a marqué deux buts contre le PSV Eindhoven.

 

Jamais stoppé à ce stade de la compétition depuis l’introduction de la phase de poules en 2004, le Zénit Saint-Pétersbourg a parfaitement réussi ce double-match et n’a laissé aucune chance à un PSV Eindhoven qui n’aura existé que durant une vingtaine de minutes au match aller. Les Pétersbourgeois ont idéalement débuté l’opération rattrapage après une phase de groupes de Ligue des champions plutôt ratée. Cependant, le Zénit est encore loin de l’objectif déclaré par Witsel.

 

Si le Zénit veut continuer de se diriger vers son objectif, il va devoir écarter Torino en jouant le match retour à l’extérieur. C’est un adversaire abordable pour le leader de Russie qui bénéficie d’une avance considérable en championnat et qui peut pleinement se concentrer sur l’Europe. Toutefois, au vu de l’irrégularité du club sur ces dernières années, les Pétersbourgeois devront ne pas vendre la peau de l’Ours avant de l’avoir tué d’autant plus que Torino n’est pas une équipe facile à remuer.

 

RSC Anderlecht – Dinamo Moscou

 

Le Dinamo Moscou avait remporté ses six matchs de poule après des qualifications laborieuses, obtenant son statut de tête de série aisément. Au tirage au sort, il tombait contre Anderlecht.

 

Cette équipe belge, certes devancée par le Club Bruges en championnat, est ressortie sans démériter de son groupe de Ligue des champions avec plusieurs bon résultats contre Dortmund, Arsenal et Galatasaray. Toujours difficile à manœuvrer et habitué de la Ligue des champions, Anderlecht se posait donc comme un défi plus relevé que celui de la phase de poule mais en continuant sur sa lancée, le Dinamo Moscou avait les capacités de se qualifier, aidé par la perspective d’un match retour à domicile. Pour espérer, il lui fallait néanmoins obtenir un bon résultat en Belgique avant de recevoir en Russie.

 

Les premières minutes étaient largement à l’avantage des Moscovites qui se procuraient de grosses occasions et faisaient très mal aux Anderlechtois. Deux corners puis un tir de Kokorin contraignant le gardien belge à la parade en trois minutes de jeu ce qui pouvait laisser présager une soirée tranquille pour le Dinamo face à une équipe d’Anderlecht complètement dépassée. Complètement faux car ces premières offensives ne furent qu’un feu de paille. Après dix minutes de domination des Russes, les Belges se montraient les plus percutants, notamment par l’intermédiaire de Steven Defour. Le match fut très riche en occasions. Valbuena, Samba, Kokorine et Büttner manquaient plusieurs opportunités de même qu’en face Defour, Tielemans, Mitrovic et Deschacht manquaient les leurs. C’était les Anderlechtois qui dominaient la rencontre bien que Valbuena et Samba faisaient très mal au milieu et en attaque. Le Dinamo résistait bien grâce à Gaboulov, auteur de nombreuses parades décisives durant la soirée. Les Moscovites étaient mieux en début de deuxième mi-temps mais l’arbitre expulsait Büttner pour deux cartons jaunes sévères. Anderlecht fonçait de nouveau à l’attaque une fois en supériorité numérique mais un excellent Gaboulov empêchait l’échéance ce qui permettait au Dinamo de ramener de Belgique un satisfaisant nul qui le mettrait toutefois en danger en cas de but belge au retour.

 

Le Dinamo partait avec le petit avantage de n’avoir pris aucun retard à l’extérieur et de jouer le match retour à domicile avec ses supporters. Toutefois, il restait sous la menace d’un but belge qui le mettrait en grand danger. Cette menace devenait réalité à la demi-heure de jeu. Après trente minutes de jeu engagé dans une partie légèrement dominée par le Dinamo Moscou, Anderlecht prenait l’avantage par l’intermédiaire de Mitrovic. La situation paraissait alors très compromise pour le Dinamo, condamné à marquer deux fois. Le score ne bougeait plus durant le reste de la première mi-temps, mais immédiatement au retour des vestiaires, tout de suite après une frappe non cadrée de Valbuena, Kozlov inscrivait son premier but depuis plus de quatre ans en récupérant un ballon mal dégagé par la défense belge. Le Dinamo rattrapait la moitié de son retard mais restait virtuellement éliminé. Les offensives moscovites se multipliaient alors et le gardien belge retardait l’échéance à deux reprises sur des tirs de Samba et de Kokorine. Comme si le match était parfaitement synchronisé avec celui du Zénit, le troisième but de la rencontre sera inscrit juste après l’heure de jeu et il sera en faveur du Dinamo. L’arbitre, après un interrogatoire avec son collègue situé derrière le but, donnait un coup de pouce aux Moscovites en sifflant à tord un penalty pour une faute en dehors de la surface de réparation sur Kokorine. Ce-dernier voyait sa tentative s’écraser sur le poteau mais elle était bien reprise par Yousoupov qui propulsait le ballon au fond du filet. Le Dinamo était donc qualifié à partir de cet instant. Dans le dernier quart d’heure plus tendu, les fautes moscovites se multipliaient sous la pression belge et le milieu moscovite peinait à conserver le ballon exposant la défense. Valbuena, Hubocan et Yousoupov écopaient chacun d’un carton jaune, mais c’est Kuranyi, transparent au match aller mais rentré à cinq minutes de la fin du match, qui clôturait le suspense d’un but à la cinquième minute des six du temps additionnel, envoyant le Dinamo en huitièmes de finale pour la première fois de son histoire.

 

Vladimir Gaboulov a réalisé plusieurs arrêts décisifs, particulièrement au match aller.

Vladimir Gaboulov a réalisé plusieurs arrêts décisifs, particulièrement au match aller.

 

En s’étant fait peur à plusieurs instants, aidé par la bonne prestation d’ensemble de Vladimir Gaboulov et un peu par l’arbitrage pour le penalty, le Dinamo a donc obtenu sa qualification pour les huitièmes de finale et continue son épopée historique.

 

Pour les huitièmes de finale, il sera confronté au SSC Naples. Face à l’un des grands favoris de cette Ligue Europa, le Dinamo ne sera qu’outsider mais pourra compter sur la perspective d’un match retour en Russie à condition de ramener un bon résultat d’Italie. Il convient de noter que Naples ne s’est jamais imposé face à un club russe en quatre matchs et que le Dinamo va bien tout tenter pour empêcher la série de s’arrêter.

 

Bilan positif pour les clubs russes

 

Pour les Russes, c’est la quasi-perfection après le plutôt mauvais bilan de la phase de groupe. Trois victoires, un nul, deux qualifications, beau bilan ! Cependant, sur le coefficient UEFA, l’objectif actuel est de maintenir la moyenne de 10.000 points alors qu’en ce moment, le total est de 8.833 points. Il reste encore un petit retard à combler. La Russie ne pourra parler d’une saison relativement réussie que si elle dépasse les 9.750 points malgré les éliminations précoces du CSKA Moscou, du FK Krasnodar, du Lokomotiv Moscou et du FK Rostov. Pour l’instant, ça reste la moins bonne saison depuis plus de cinq ans.

 

Pyotr B.