La résurrection des crocodiles

25
février
2016

Posté par Pierre LG

Posté dans En affiche / Flash FS / Ligue 2

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Nîmes, février 2016. L’hiver est plus que doux dans le Gard, un petit 20 degrés chaque après-midi. Avec le beau temps, le moral est revenu sur Nîmes, la petite Rome du Sud de la France. On ne va pas vous raconter une nouvelle fois une histoire que tout le monde connait. Contentons-nous d’un bref résumé. A l’été 2015, Nîmes démarre le championnat de Ligue 2 avec une pénalité de 8 points, conséquence de l’affaire des présumés « matchs truqués ». Avec une équipe constituée en partie de jeunes joueurs du cru et de recrues venues de divisions inférieurs, un entraîneur fatigué et des dirigeants nouvellement arrivés, Nîmes a le visage parfait de la victime expiatoire. On ne donne pas cher de la peau des crocodiles nîmois. Après 8 journées, c’est sans surprise que le club provençal n’a toujours pas engrangé la moindre victoire en championnat. Il faudra attendre la neuvième journée pour voir Mathieu Michel et ses coéquipiers l’emporter, contre toute attente, sur la pelouse de Metz, alors en tête (1-2). Une éclaircie dans la nuit. Pour autant, la saison s’annonce longue pour des Gardois qui attendront la seizième journée avant de prendre trois points à domicile, contre Tours. José Pasqualetti, désabusé, quitte le navire peu avant la fin de l’année. Remplacé par Bernard Blaquart, jusqu’alors directeur du centre de formation nîmois et entraîneur de la réserve. Promis au National, le Nîmes Olympique prend alors son destin en main pour faire taire ses détracteurs.

 

Janvier 2016. Petit retour en arrière. Changement au Nîmes Olympique. Plusieurs joueurs, débarqués à l’été 2015, sont poussés vers la sortie. Exit Barrillon, Guihoata ou encore Hermach, reparti dans les pays du Golfe. Le nouvel entraîneur va s’appuyer sur un groupe restreint et donner leur chance à des joueurs jusque-là cantonnés au banc de touche. Les crocos nîmois sont pris d’un nouvel élan. Pour eux, la donne est simple. Jouer chaque rencontre pour la gagner puisque, de toute façon, leur sort semble déjà plié. Avec 10 points de retard sur le premier non-relégable, Valenciennes, il faudrait plus qu’un miracle pour revenir dans la course au maintien.

 

6 matchs plus tard, tout a changé. Les Nîmois ont commencé par battre Brest, à domicile. La semaine suivante, encore aux Costières, ils livrent une des plus belles prestations de l’année en atomisant Clermont, alors troisième, 6 buts à 2. Nîmes produit un jeu débridé et tourné vers l’attaque. Forcément, les Gardois sont encore fébriles défensivement et encaissent deux buts contre les Auvergnats. Offensivement par contre, c’est un régal. Le duo composé des jeunes Koura et Mounié (prêté par Montpellier) se trouve une complémentarité qui fait exploser les hommes de Corinne Diacre. La journée suivante, Nîmes se paye un autre leader. Après avoir battu Metz, alors en tête lors de la neuvième journée, c’est Nancy qui tombe pour la première fois de la saison sur ses terres, après un match totalement fou. Nîmes l’emporte 4-3 grâce à un but incroyable de l’ex-marseillais Azouni. Ce dernier, aligné aux côtés de Téji Savanier au milieu de terrain, se révèle enfin au sein d’un collectif qui n’attendait que ça. Nîmes vient d’enchaîner 3 victoires, de s’offrir le leader et son second dauphin, en plantant 12 buts.

 

Trois victoires de rang. Que se passe-t-il au club ? Décomplexés, les Nîmois retrouvent un public un peu plus présent qu’à l’accoutumée lors de la réception d’Auxerre. Nouvelle victoire, 2-1 cette fois-ci. La lune de miel semble prendre fin sur la pelouse d’Ajaccio avec une défaite 2-0 contre l’autre équipe en forme de 2016. Mais, privés de plusieurs joueurs et avec une équipe remaniée pour l’occasion, le club gardois ne dramatise pas et le prouve en s’offrant Niort, une nouvelle fois aux Costières, dès la semaine suivante. L’antre des crocodiles est-elle en train de (re)devenir un lieu craint par les adversaires des Nîmois ?

 

Au classement en tous cas, quelque chose est en train de se passer. Nîmes vient de prendre 15 points sur 18 possibles et, par la même occasion, de sortir de la zone rouge. Ils n’ont qu’un point d’avance sur Créteil, dix-huitième, mais c’était inespéré il y a encore un mois et demi.

 

Deux journées plus tard, Nîmes fait sensation. Après avoir pris le point du nul sur la pelouse de la lanterne rouge parisienne (0-0), Nîmes reçoit Metz pour un match diffusé sur Eurosport, un lundi soir. Devant plus de 10 000 spectateurs, les Gardois attendent les arrêts de jeu de la seconde période pour crucifier des Messins qui luttent pourtant pour monter en Ligue 1. Une victoire 2 buts à 1 et une seizième place avec 4 points d’avance sur la zone rouge. Le miracle nîmois est en train de se produire. Ce que l’on pensait inenvisageable fin 2015 prend forme après deux mois de compétition en 2016. Un public retrouvé, un groupe soudé et qui joue chaque rencontre pour la gagner, un supplément d’âme et de chance. Dirigeants, entraîneur, joueurs, supporters, tous ne font qu’un et la cité gardoise redevient une ville qui « pue le foot ». Habitué des exploits, aussi bien en coupe qu’en championnat, le club du président Perdrier réussira-t-il à se maintenir contre toutes attentes ? Les joueurs gardois sont en tous cas en train de réaliser une saison… héroïque.

 

Affaire à suivre.

 

Kevin.