[EDITO] Le mélodrame de l’AJA (2/2)

08
novembre
2018

Posté par Potatotohs

Posté dans Edito / En affiche / Flash FS / Ligue 2

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C’est un visage bien inquiétant que l’AJA montre à la fin de la saison 2017/18. L’engagement que portent les joueurs au cours des matchs n’est plus le même, les cadres (Yattara, Ba, Philippoteaux) se blessent tour à tour, les choix du coach qui dit préparer la saison à venir en surprennent plus d’un de semaine en semaine. Et les matchs passent, le compteur de points reste bloqué. Si Pape Sané, alors prêté par Caen, a été complètement effacé dès le maintien obtenu, Tacalfred mais surtout Boucher n’ont eu pas eu l’honneur de terminer la saison sur le terrain.

 

Parlons-en. Le cas Boucher. Ça nous permettra de faire un bond subtil de la fin de la saison 2017/18 jusqu’au mercato de l’été 2018. Et c’est désolant, car ça veut dire que cette histoire a traîné sur presque quatre mois. Lorsqu’il renonce à titulariser Zacharie Boucher en avril, Pablo Correa évoque la concurrence et une manière de remotiver le gardien réunionnais. Et je dois dire que, pour ma part, je n’y voyais aucun mal. Et je n’en vois pas plus aujourd’hui. Je peux comprendre qu’en tant que supporter auxerrois, on puisse être très attaché à Zacharie Boucher. C’est vrai : il a beaucoup donné pour le club et, sans lui, on peut vraiment se demander si l’AJA serait restée en Ligue 2 en 2017, à la fin de l’ère Cédric Daury. Je conçois qu’il soit compliqué de le juger comme un autre joueur. Mais quand bien même, on parle ici d’une fin de saison sans le moindre enjeu au classement, on parle ici d’un Quentin Westberg dont on connaît les limites mais dont on connaît aussi l’investissement au club au quotidien, et on parle ici aussi de, pardonnez-moi de le dire, la moins bonne saison de Zacharie Boucher sous le maillot auxerrois, avec un déclin encore plus prononcé sur les derniers matchs disputés. Donc non, pour toutes ces raisons, je n’étais pas choqué par le fait qu’on change de gardien.

 

D’autant qu’il s’agissait effectivement de quelque chose de provisoire, puisque Zacharie Boucher a bel et bien redémarré la saison dans les buts auxerrois. Peut-on dire que sa défense l’a lâché sur ces matchs ? Oui. Mais on peut aussi dire que chaque occasion adverse, c’est à dire à chaque fois que la défense auxerroise a craqué face à Valenciennes puis face au Gazélec, le ballon a fini dans le but. Ces deux matchs ne constituent absolument pas les matchs où l’AJ Auxerre a concédé le plus d’occasions cette saison, et pourtant ils sont bel et bien ceux pendant lesquels les Icaunais ont encaissé le plus de buts. Les choses se sont alors accélérées vers un départ de Boucher. Si vous voulez mon avis, on ne connaît pas toute l’histoire. De l’extérieur, la sanction semble rapide (il n’a joué que deux matchs avant de sortir du onze) mais pas injustifiée, pour tout ce que j’ai cité plus tôt. Et il ne s’agissait absolument pas d’offrir bêtement une place de numéro 1 à un Westberg insuffisant puisque le club s’est mis à la recherche d’un autre gardien sur le champ. Beaucoup de noms ont tourné. Parfois des très gros, et trop gros au final. Certains ont alors été déçu en voyant arriver Mathieu Michel. Je suis pour ma part convaincu que ce sont les rumeurs qui ont rendu cette officialisation un peu frustrante car, dans les faits, Michel reste un très bon gardien pour jouer les hautes places en Ligue 2.

 

Plus tôt cet été, il a fallu établir une feuille de route pour le mercato. Le mot d’ordre semblait simple : réduire un effectif effectivement trop large, recruter des joueurs à l’état d’esprit irréprochable et, de préférence, avec une bonne expérience de la Ligue 2. Le tout en offrant une certaine cohérence tactique… Ah, non, peut-être pas. Ou du moins c’est ce qu’on aurait pu croire dans un premier temps, car les joueurs arrivés sont pour la plupart des bonnes illustrations des critères définis par Cédric Daury et Pablo Correa. Ce dernier en a d’ailleurs confirmé quelques uns qu’il connaissait déjà (Bellugou, Dugimont, Féret). En plus d’avoir gardé les cadres de la seconde partie de saison précédente, le club a repris ses critères de base pour recruter Souprayen (en remplacement de Polomat et Ndicka), Mancini (en remplacement de Sangaré ou Fumu-Tamuzo) et Merdji (en remplacement de Pape Sané ou Firer… non, pardon).

 

Il n’était pas difficile de mettre un sens à ce recrutement. On voit là des joueurs qui connaissent la Ligue 2 et qui sont des joueurs de ballon bien loin de ceux qu’ils remplacent. Et on remarque que, même en ayant réussi à réduire l’effectif professionnel global (en passant de 35 pros au club à 27), l’effectif semble plus qualitatif tout en étant plus homogène. Cela veut dire que dans la plupart des cas, si ce n’est tous, les joueurs habitués au banc voire à la réserve qui sont partis ont été remplacés par des joueurs qui peuvent avoir la prétention d’être titulaire à l’AJA. En regardant l’effectif de l’AJ Auxerre aujourd’hui, on voit une bombe. Dans tous les sens du terme. C’est joli, vraiment… Mais on se demande quand est-ce que ça va exploser. Quand est-ce que ces joueurs qui ne jouent pas se lèveront pour dire : je ne suis pas venu pour ça. Car, s’il n’y avait pas assez de joueurs pour prétendre à être titulaire la saison dernière, aujourd’hui il y en a trop. Et il ne s’agit pas de parler de leur niveau réel, mais des attentes qu’ils peuvent avoir selon leur standing. On peut alors compter au moins 17 ou 18 joueurs qui sont restés ou venus à l’AJ Auxerre dans l’espoir d’avoir un rôle régulier. Et c’est sans compter les jeunes nouveaux professionnels, la marque de fabrique du club…

 

La saison démarre péniblement. A Valenciennes puis à face au Gazélec, les Auxerrois coulent. Littéralement. Qui plus est, exactement les mêmes joueurs, puisque après une rouste au Stade du Hainaut, Pablo Correa avait décidé de réaligner exactement le même onze pour accueillir le Gazélec à l’Abbé-Deschamps. Un peu d’espoir dans cette décision, mais à l’époque un peu de contrainte aussi puisqu’il avait lui-même sanctionné Touré à la fin de la préparation, et que des joueurs comme Souprayen, Dugimont et Féret n’étaient pas encore arrivés. Pas une excuse pour confirmer ce qui ne marche pas pour autant : Hamza Sakhi sur un côté, une charnière extrêmement lente (Bellugou-Tacalfred),… On pourra cependant excuser l’alignement de Goujon en latéral, presque seul choix possible en l’absence de Boto sur blessure.

 

Après un semblant de relance avec deux victoires face à Orléans puis Nancy, la rechute avec deux défaites face au Red Star puis face à Brest. Si la première est regrettable, la deuxième, présentée comme imméritée par le coach auxerrois, l’était pourtant tout à fait. Le même soir, dernier jour de mercato, le club recrute Michel (voir plus haut) mais aussi Ketkeophomphone. Ce que les Anglais appelleraient un « panic-buy ». Le club ne le cache même pas : ce recrutement n’était pas prévu et l’opportunité a été saisie. Malin ? Inquiétant. Un groupe, c’est un équilibre. Ketkeophomphone, qui peut-être paraissait être un profil plus intéressant que beaucoup de nos joueurs pouvant évoluer sur l’aile, ne faisait qu’accentuer ce problème d’effectif-bombe. Et si cette bombe n’explosait jamais ? Tant mieux ! Mais alors je peux vous assurer qu’elle créera beaucoup de frustration chez beaucoup de supporters.

 

Cette bombe a créé la situation actuelle de Hamza Sakhi. On nous parle de blessures ? Oui, il en a eu. Mais lorsque l’intégralité du groupe est disponible et lui aussi, celui pour lequel le club a levé une option d’achat en avril dernier n’apparaissait même plus dans la feuille de match encore récemment. Même chose pour Tacalfred, Youssouf ou encore Goujon même si je consens que ceux-là créent moins de frustration. Mais si Sakhi n’est pas chez les professionnels, c’est encore plus le cas pour les jeunes Bizet et Begraoui, bloqués par un effectif qui ne compte désormais pas moins de quatre joueurs, autres qu’eux deux, pouvant jouer au poste d’avant-centre. Je ne suis pas pour ce choix de management. J’entends bien que la concurrence est précieuse pour stimuler un groupe. J’entends bien que Pablo veuille s’équiper de plusieurs profils… Ah, mais attendez.

 

Qu’est-ce que cela voudrait dire de la philosophie du coach ? Pourquoi aurait-il besoin de cet éventail de joueurs, ou plus particulièrement cette panoplie de profils ? Tout simplement parce qu’on ne sait pas comment jouer. Tout simplement parce que, depuis la 1ère journée de ce championnat, l’AJA se cherche et bien malin sera celui qui pourra prendre cet effectif, pourtant doté de joueurs de qualité individuellement, et former le parfait onze. Et je n’en ai pas vu. Je n’ai pas pu en imaginer et force est de constater que Pablo non plus puisqu’on tâtonne encore début novembre alors que les blessures nous ont globalement épargné depuis le début de saison. Cela veut dire qu’aussi clinquant que cet effectif puisse être ou paraître, il en reste très imparfait puisqu’il n’est pas tout à fait cohérent. Et ça, c’est sans parler du niveau de certaines recrues qui ne sont pas forcément à la hauteur des attentes, indépendamment des problèmes tactiques rencontrés par l’équipe.

 

En somme, les joueurs auxerrois sont-ils vraiment en concurrence ou la variété des profils de l’effectif fait-elle que chaque changement opéré par Pablo Correa, avant ou pendant un match, est nécessairement un ajustement tactique ?

 

Plutôt que de parler de matchs qui se ressemblent entre août et mi-octobre (je reviendrai sur la période post-Béziers), parlons plutôt de chaque poste et de ce que l’AJA a à disposition pour cela.

 

Michel et Westberg sont finalement des profils de gardien assez similaires… Le second est juste beaucoup moins habile de ses mains… Un peu dommage pour un gardien. Bref, je n’ai aucune envie de me moquer de Westberg sur qui on est beaucoup tombés injustement. En défense, aux postes de latéraux, les profils diffèrent. Samuel Souprayen (gauche) et Carlens Arcus (droit) sont des latéraux assez durs sur l’homme, qui s’épanouissent plus sur les tâches défensives qu’offensives. Si le premier est d’ailleurs régulièrement utilisé dans l’axe, le second a déjà tenu ce poste dans une défense à trois avant de rejoindre l’AJA. Tout l’inverse de Kenji-Van Boto (gauche) et Bendjaloud Youssouf (droit) qui apportent satisfaction dans les tâches offensives mais qui ont longtemps eu du mal à s’imposer, la faute à des bases défensives trop fragiles. Dans l’axe de la défense, il y a là aussi une opposition certaine des profils. Certes, certains défenseurs se rejoignent sur certains points : le manque de vitesse pour Bellugou et Tacalfred, la capacité à relancer au sol pour ce dernier et Adeoti, l’impact physique pour ce dernier et Ba, et le manque de concentration plus ou moins fréquent pour ce dernier et Souprayen. Que les choses soient bien claires : aucun défenseur central auxerrois n’a aucun défaut gênant. Mais il semble difficile voire impossible de trouver une paire assez complémentaire pour masquer ces défaillances. Il semble qu’avec le bon partenaire, Abdoul Ba ou Jordan Adeoti pourraient former une très bonne charnière de Ligue 2… Ensemble, c’est moins sûr. Quant au jeune Jean Marcelin, il vit une entrée dans le monde professionnel très compliquée… Assez compliquée pour se poser la question : était-il vraiment prêt à affronter ça ?

 

A la récupération, la tour de contrôle auxerroise de l’effectif est Jordan Adeoti. Birama Touré peut aussi se charger de la récupération, mais en se servant de ses meilleures qualités d’anticipation et avec un impact physique moindre par rapport à Adeoti. Loïc Goujon semble être un intermédiaire difficile à cerner tant son temps de jeu à l’AJA est faible depuis son retour de prêt, et son rôle ayant semble-t-il évolué lors de ce même prêt à Boulogne. Dans un rôle de remonteur de ballon (si la position qu’on lui offre dans le système le lui permet), Mickaël Barreto a fait beaucoup d’efforts en ce début de saison, alors qu’on ne l’attendait pas forcément dans ce registre. Les véritables créateurs de ce milieu de terrain se nomment Julien Féret et Hamza Sakhi, deux milieux qui organisent le jeu mais qui sont aussi assez attirés par le but, chose qui s’est véritablement développée à l’arrivée de Pablo Correa à Auxerre pour le franco-marocain. Enfin Lamine Fomba, qui dans un rôle de box-to-box au milieu a démarré le championnat en trombe avant de s’effacer un peu, manquant sans doute encore de rigueur tactique. Ses plus récentes performances n’ont pas convaincu.

 

Peu de véritables ailiers dans l’effectif auxerrois. Si Mancini et Youssouf peuvent tous les deux apporter de la vitesse sur le côté droit de l’attaque, leurs profils sont différents. Le premier est un dribbleur, alors que le second apprécie particulièrement faire jouer ses coéquipiers via des centres (il faut dire que c’est un latéral de formation). Sur le côté gauche, il ne semble pas que l’effectif propose des alternatives évidentes à Romain Philippoteaux, si ce n’est un repositionnement de Mancini, Merdji ou Barreto. Vous avez dit ? Bricolage ? Peut-être. Le seul souci que cela a créé sur ce début de saison, c’est qu’on a jamais pu se passer de Philippoteaux, même lorsque ce dernier était dans un état de méforme. En attaque désormais, c’est la foire mais sans les bestiaux. Entre un Dugimont plutôt neuf et demi, Yattara qui a changé trois fois de rôle entre son arrivée au club et aujourd’hui, Merdji qui donne toute son énergie mais ne redonnent pas tous les ballons qu’il reçoit et Ketkeophomphone qui n’est toujours pas parvenu à adapter son profil à son retour à la compétition après de très longues blessures lors de ses dernières saisons à Angers, il semble qu’il y ait un véritable problème à la pointe de l’AJA. C’est d’autant plus étrange de se rendre compte, dans une année où on parle justement beaucoup de la différence entre les avants-centre qui marquent et les avants-centre qui font jouer et marquer les autres, que l’AJA n’a aucun des deux. Et qu’elle ne cherche pas à en trouver en réserve d’ailleurs, puisque Nathan Bizet et Yanis Begraoui y font leur classe dans la plus grande des discrétions.

 

L’effectif auxerrois est donc bel et bien un méli-mélo de joueurs aux profils définis (ou pas) mais surtout très variés, ce qui laisserait presque à penser que ce tâtonnement tactique était prévu et organisé. Comme si Pablo Correa avait pris un maximum d’ingrédients pour pouvoir refaire sa recette toutes les semaines, en espérant juste un jour tomber sur le résultat parfait et révolutionnaire. Mais on l’attend toujours. A vrai dire, personne n’attend de pièce montée qui repousse les limites de la pâtisserie… Un bon vieux gâteau au chocolat de grand-mère ferait l’affaire. Quelque chose de simple, de prouvé, d’efficace. Une recette ancienne mais toujours efficace car cohérente. Une recette où l’association des saveurs est si évidente qu’elle traverse les générations.

 

Quelques mots sur les cas Bizet et Begraoui. Car il faudrait aveugle pour ne pas voir que la majorité des réactions à chaque publication des groupes de Pablo Correa concerne l’absence Yanis Begraoui. J’aimerais me poser au milieu sur ce débat. Tout d’abord, il faut se souvenir que l’absence de Begraoui, c’est aussi l’absence de Bizet. Ce dernier est aussi professionnel, et a d’ailleurs fait une bonne préparation avec les grands, même s’il semble avoir connu quelques problèmes physiques depuis. Je comprends la frustration des supporters. Les avants-centre du groupe professionnel ne répondent pas présent : pourquoi ne pas faire appel à ceux qui évoluent à l’étage inférieur et qui, selon les observateurs que ce soit au club ou ailleurs, ont du potentiel ? Si j’ai pris la peine de citer Nathan Bizet, c’est parce qu’il est en avance sur sa formation. N’oubliez pas qu’il y a encore un an (un!), Yanis Begraoui évoluait en U17. Son ascension a été exceptionnelle et très rapide. Je ne suis pas en train de dire qu’il n’est pas prêt à être imposé en Ligue 2, ce n’est pas moi qui pourrais en juger le mieux… Je dis juste qu’il faut entendre les éducateurs et le coach (Pablo Correa) sur ce sujet qu’il n’a pas évoqué depuis la signature pro du joueur pour avoir une explication qui, si ça se trouve, est tout à fait logique. Begraoui marque en réserve ? Bien. Bizet aussi. Sinayoko aussi. Je ne veux pas vous donner une désillusion quant au niveau de ce championnat, mais je rappelle que Firer aussi marquait en réserve. Je peux comprendre qu’un phénomène Mbappé fasse penser que les jeunes peuvent parfois être prêts très tôt… Je tiendrais alors à préciser que Begraoui vient d’avoir 17 ans l’été dernier. Il n’a pas vraiment de retard, y comprit sur des phénomènes de précocité tels que Mbappé. En bref, si je ne réclame personnellement jamais la présence de Begraoui, ce n’est pas parce que je crois que l’attaque va bien ou qu’il n’est pas prêt… C’est juste parce que je laisse le bénéfice du doute au staff sur ce dernier point. N’oublions pas que, pour Begraoui comme pour Laiton, les contrats professionnels ont surtout été signés pour bloquer ces joueurs à fort potentiel un petit moment. Nous sommes très loin d’un revival du cas Ambrose.

 

Bon, où en étais-je avec cette saison de galère, cette saison de misère, cette saison de… l’hiver ? L’hiver arrive, est-ce le retour des bons résultats à Auxerre ? C’est bien trop tôt pour le dire. De retour de la trêve internationale d’octobre, les Auxerrois affrontent Béziers et gagnent. Voilà. C’est à peu près tout ce qu’il a à dire de ce match, non ? Il y a eu une victoire, et la communication qui a suivi cette victoire a été absolument scandaleuse de mépris pour les journalistes, Pablo Correa quittant la conférence de presse précipitamment. Un affront à des journalistes qui le soutiennent pourtant bien plus qu’il ne le mérite cette saison. Soyons gentils : il en avait sans doute assez d’étaler son déni complet sur la rencontre qu’il qualifiait alors de « très bonne performance », ce qu’elle n’était absolument pas.

 

Comme à son habitude après les (rares) victoires, Pablo Correa décide de reconduire le même onze face à la bonne équipe du Paris FC, à l’exception de Mancini et Yattara, blessés, remplacés par Barreto et Merdji. Et là, ça ne trompe pas. La performance mais aussi le résultat sont désastreux. Et cette fois, le coach auxerrois n’a rien essayé de nier tant le massacre était flagrant. Il continuera sans doute à se cacher en se disant que c’est un coup de moins bien, mais c’était seulement la suite tout à fait logique du match face à Béziers. En Coupe de la Ligue la semaine suivante, le coach auxerrois redessine une équipe plus cohérente, et plus cohérente encore face à Metz cette semaine… Et le résultat est venu. Pardon, le résultat face à Béziers était aussi là… Disons alors que la performance est venue, cette fois. Et elle n’est pas venue car les joueurs se sont juste réveillés. Elle est venue car les ingrédients étaient les bons. Les choix étaient plus cohérents. Et tout le monde n’aurait sans doute pas fait comme Pablo Correa pour ce match, mais il l’a fait et ça a fonctionné.

 

Maintenant il s’agit de se tourner vers l’avenir et de se demander : qu’est-ce qu’on fait ? Il y a clairement un ras-le-bol du côté des supporters, une apathie aussi surprenante que décevante du côté de la presse locale, et un mépris indécent de la part du staff et d’autres aussi au sein du club envers les supporters pourtant légitimement mécontents. Traitez-moi de fou, mais j’ai presque le pressentiment qu’en cas de victoire face à Niort ce vendredi, les supporters vont être ciblés et presque blâmés pour avoir arrêté d’y croire. Ce à quoi je réponds d’avance : le club joue la montée. Au mieux, si tout se passe bien demain, le club se retrouverait 12ème et à 11 points de la 2ème place après 14 journées. Faîtes ce que vous voulez, dîtes ce que vous voulez : cette première partie de saison reste un échec. Encore un. Et croyez-moi, on a l’habitude, on sait les reconnaître. Nous, supporters auxerrois, sommes devenus des experts en la matière. Mais on est en droit de s’inquiéter lorsque le club se prélasse dans une période de déni total, rarement observée par le passé…

 

 

@PatateFS