La Chine : terreau d’un football d’avenir ?

31
juillet
2016

Posté par Anthony G.

Posté dans Autres championnats / En affiche / Etranger / Flash FS

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On entend très souvent parler, surtout dernièrement, du football chinois qui se fait une place de plus en plus grande dans l’actualité sportive. Alors qu’on l’a d’abord connu comme terrain d’internationaux en fin de carrière comme avec Anelka et Drogba en 2012, ce championnat essaye d’être de plus en plus compétitif avec comme symbole ce dernier mercato hivernal où fut dépensés plus de 200 millions d’euros. Petit panorama de l’impact qu’à la Chine sur le football actuel.

 

Un président de la république populaire à l’origine du processus

 

 

Ce qui est le plus impressionnant de cette nouvelle volonté de la Chine de devenir un acteur important dans le monde du football, c’est qu’elle fut initialement impulsée par son président de la république populaire même ! Très grand fan de football, Xin Jinping a instauré un plan en 50 points afin de faire de ce sport l’un des fers de lance de la Chine.
L’un de ces objectifs est d’organiser la Coupe du Monde d’ici 2030, et même possiblement de la gagner ! Une envie particulièrement ambitieuse, surtout pour un pays actuellement si faible, mais qui est soutenu par plusieurs plan d’action à moyen terme.
Xin Jinping privilégie notamment la formation en rendant le foot obligatoire dans les écoles, et en voulant ouvrir 50 000 académies de football d’ici 2026. Il incite aussi fortement les investisseurs chinois à commencer à acquérir des parts de clubs européen doté d’un bon centre de formation. Tout cela afin de former une nouvelle génération de jeune joueurs talentueux afin de faire monter leur football en puissance. D’ailleurs, les gardiens de buts qui ont toujours été une grande carence dans le football chinois ont été préservé en interdisant les clubs du championnat chinois de recruter des portiers étrangers.

 

Un idéal bien soutenu financièrement

 

 

Un des autres gros points de ce plan est de faire en sorte que le football ait un vrai poids économique, avec un objectif qu’il représente 1% du PIB de son pays (soit 800 milliards de dollars), c’est près du double de ce qu’il représente actuellement.
Pour ce faire, les plus grandes fortunes chinoises investissent beaucoup dans ce sport, ainsi chacune des 10 plus grandes entreprises chinoises est à la tête de l’un de leurs clubs, alors que les dirigeants ne s’y connaissent pas forcément en football.
Cette tendance servira à la Chine de moins dépendre de ses entreprises, et d’avoir aussi une part de son PIB qui provient d’industrie du divertissement, et permet aussi de surfer sur la grande ferveur qu’à généralement le public asiatique pour ce sport. Si pour l’instant elle est plus tournée vers des championnats européens (comme la Premier League), les chinois commencent de plus en plus à se mobiliser pour leur propre équipe. Avec déjà 20 000 spectateurs en moyenne, l’affluence de la Chinese Super League est déjà plus ou moins équivalente à celle de la Ligue 1. Le Beijing Guoan a reçu 42 000 demande d’abonnements, alors que le stade ne fait que 27 000 places.
Par conséquent, les droits télévisés ont eu aussi augmenté, en passant de 8.2 millions d’euros à 183 millions cette saison. Cela reste peu si on compare ce chiffre avec les 748.5 millions de la ligue 1 ou surtout les 2.3 milliards de la Premier League, mais cela reste une multiplication du chiffre par 22 !

 

Une densité qualitative croissante

 

 

Le troisième gros point qui guide actuellement le football chinois est la forte densification de ses championnats. C’est ce dont on entend le plus parler dans la presse à force de voir de très fort joueur partie s’exiler en Asie. Et il faut dire que ce fut plutôt intensif dernièrement avec ce mercato d’Hiver qui avec ses 200 millions d’euros dépensés, fut plus important même que celui de la Premier League ! Statistique même pas fruit du hasard car la Premier League n’avait pas dépensé autant dans cette période depuis 5 ans. On peut aussi ajouter le fait que la Chinese Super League est le douzième championnat au plus haut salaire tout sport confondus (soit 2 places juste en dessous de la Ligue 1), et qu’il y a eu plus de dépense dans le marché des transferts de la D2 chinoise cette année qu’en Ligue 1, en Liga ou en Bundesliga.
La stratégie même de recrutement pour leur ligue a plutôt évolué en se calquant sur celle de championnat comme l’Ukraine et la Russie. Alors que les équipes chinoises comptait plutôt avant sur des internationaux en fin de carrière (comme Anelka et Drogba en 2012), ils misent maintenant sur des joueurs arrivant tout juste à maturité (autour des 22 ans) et en pillant les clubs des championnats financièrement plus faibles que le leur. Par exemple, les clubs chinois ont profité du mercato hivernal pour récupérer quatre titulaires de Corinthians, le champion du Brésil en titre.
En recrutant des joueurs comme Demba Ba, Jackson Martinez, Gervinho, Ezequel Lavezzi, et récemment Hulk, Graziano Pellè, Papiss Cissé ou Roger Martinez, la Chinese Super League commence à avoir une densité de joueur plutôt impressionnante. D’après Francis Gillot, qui a coaché l’année dernière le Shanghai Shenhua, le niveau de la CSL est bien plus élevé que l’on pourrait penser. Il affirme d’ailleurs que le Guangzhou Evergrande, la meilleur équipe chinoise, a un niveau juste en dessous du Paris Saint Germain.

La Chine a donc de forte chance d’être l’une des futures grandes nations du football. Si l’effort financier ne se tarit pas, ils pourront à la fois avoir un championnat incontournable, et une équipe nationale compétitive. Et si les chinois ont forcément beaucoup de retard sur leur homologue européen, tout peut évoluer à grande vitesse. Même si leur isolement géographique posera peut-être problème à long terme.

 

Pierre M.